La Société civile plurielle du Nord-Kivu a demandé vendredi 28 août 2026 au gouvernement congolais d’annuler ou de réviser « sans délai » l’arrêté ministériel suspendant les activités académiques dans plusieurs établissements d’enseignement supérieur et universitaire de Goma et Bukavu.
Dans une déclaration lue devant la presse à Goma, cette organisation de la société civile dit comprendre les impératifs de sécurité invoqués par les autorités, mais estime que la mesure risque d’affecter durablement les étudiants, leurs familles et le personnel universitaire.
« Nous comprenons parfaitement que la dégradation de la situation sécuritaire puisse imposer à l’État de prendre des mesures exceptionnelles pour protéger les étudiants, les enseignants et les personnels universitaires », écrit la Société civile plurielle.
Elle estime toutefois que ces mesures ne devraient pas compromettre l’accès à l’éducation, particulièrement dans des villes déjà affectées par les conséquences du conflit.
« La protection des populations ne doit pas conduire à compromettre durablement leur droit à l’éducation et l’avenir de toute une génération », affirme l’organisation.
La Société civile plurielle redoute notamment qu’une suspension prolongée des activités pour l’année académique 2026-2027 entraîne des interruptions de cursus, des pertes d’années académiques, une aggravation du chômage des jeunes et des difficultés financières supplémentaires pour les familles.
« Un étudiant de Goma n’est pas responsable du conflit armé. Un étudiant de Bukavu n’est pas responsable de la situation militaire. Un professeur n’est pas un combattant », insiste-t-elle.
L’organisation considère par ailleurs que la durée indéterminée de la mesure pourrait produire des effets « disproportionnés », notamment sur les inscriptions, les réinscriptions, les enseignements et les évaluations.
« La crise sécuritaire ne doit pas devenir une crise générationnelle », prévient-elle.
La Société civile plurielle appelle également les députés nationaux et les sénateurs élus du Nord-Kivu et du Sud-Kivu à interpeller le gouvernement sur les conséquences de la mesure et à proposer des mécanismes permettant de concilier les impératifs de sécurité avec la continuité de l’enseignement supérieur.
« Le silence face aux conséquences d’une décision qui affecte directement la jeunesse de vos provinces ne peut pas être une réponse », affirme l’organisation.
Elle demande en outre l’ouverture d’une concertation urgente réunissant les autorités provinciales, les responsables académiques, les représentants des étudiants, les enseignants, les parents et les organisations de la société civile.
La Société civile plurielle demande formellement au ministère de l’Enseignement supérieur, universitaire, Recherche scientifique et Innovations ainsi qu’au gouvernement « de rapporter et d’annuler l’arrêté du 20 août 2026 » portant suspension des activités académiques à Goma et Bukavu.
À défaut d’une annulation, elle réclame une révision de la mesure afin de permettre une continuité académique adaptée aux conditions sécuritaires propres à chaque établissement.
« On peut suspendre des activités académiques, mais on ne doit jamais suspendre l’avenir d’une génération », conclut la Société civile plurielle.







