L’AFC-M23 rejette la décision du gouvernement congolais de suspendre, jusqu’à nouvel ordre, les activités académiques et para-académiques dans plusieurs établissements publics de Goma et de Bukavu et appelle à la poursuite des activités universitaires dans les zones qu’il contrôle.
Dans un communiqué daté du 26 août 2026 et signé par Délion Kimbulungu Mutambuka, secrétaire permanent adjoint de l’AFC-M23, le mouvement qualifie les mesures prises par Kinshasa d’« arbitraires et irresponsables ».
Il estime notamment que la suspension des activités académiques et la décision concernant les rémunérations de certains membres du personnel universitaire portent atteinte à la continuité de l’enseignement supérieur.
Dans son communiqué, l’AFC-M23 affirme que l’éducation doit rester à l’écart des affrontements politiques : « L’éducation étant un droit inaliénable, ce secteur doit être gardé hors du champ des conflits politiques », affirme-t-il.
Le mouvement s’appuie notamment sur les articles 42, 43 et 45 de la Constitution congolaise.
L’article 42 dispose que les pouvoirs publics ont l’obligation de protéger la jeunesse contre toute atteinte à sa santé, à son éducation et à son développement intégral.
L’article 43 consacre, quant à lui, le droit de toute personne à l’éducation scolaire.
L’article 45 garantit, pour sa part, la liberté de l’enseignement et prévoit notamment l’accès aux établissements d’enseignement national sans discrimination fondée sur les opinions politiques ou philosophiques.
Sur cette base, l’AFC-M23 estime qu’aucun étudiant ne devrait être contraint de sacrifier son année académique, sa scolarité ou son avenir en raison du contexte politique et sécuritaire actuel.
« Aucun étudiant ne doit être contraint de sacrifier son année académique, sa scolarité ou son avenir du fait des circonstances actuelles, d’autant plus que les dispositions idoines visant à garantir la continuité de la formation, de l’organisation des évaluations et de la sécurisation des résultats académiques ont déjà été prises et sont opérationnelles en toute indépendance des universités […] », mentionne le mouvement dans le communiqué.
Le mouvement affirme également que les établissements d’enseignement supérieur doivent continuer à fonctionner conformément aux mécanismes de substitution qu’il dit avoir préalablement mis en place.
« Appelle les gestionnaires des établissements d’enseignement supérieur et universitaire à poursuivre normalement les activités académiques et para-académiques conformément aux mécanismes de substitution préalablement pris », peut-on lire dans le document.
Au-delà des étudiants, l’AFC-M23 conteste également les mesures visant certains membres du personnel académique, scientifique, administratif, technique et ouvrier.
Le mouvement affirme que les carrières universitaires ne devraient pas être utilisées comme instrument de confrontation politique.
Il annonce, dans son communiqué, son engagement à prendre en charge les frais liés au personnel académique qu’il considère comme discriminé par les autorités de Kinshasa.
« L’AFC-M23 s’engage à assurer la couverture des frais liés à la prise en charge du personnel académique discriminé par le régime de Kinshasa », déclare-t-il.
Dans un communiqué, le gouvernement congolais avait annoncé la suspension des rémunérations de 48 agents et membres du personnel de l’Enseignement supérieur.
Cette décision intervient alors que les discussions de paix entre les parties se poursuivent dans le cadre du processus de Doha.







