Un appel pressant a été adressé au Conseil de sécurité des Nations Unies par des représentants de la diaspora congolaise banyamulenge aux États-Unis, dénonçant une grave crise humanitaire et sécuritaire dans l’est de la République démocratique du Congo.
Selon un document signé par Douglas G. Kabunda, président de la Mahoro Peace Association, la communauté internationale est exhortée à agir « de manière décisive et sans délai ».
Dans ce mémorandum, les auteurs affirment que les Banyamulenge subissent « depuis des décennies » des violences et des discriminations systémiques.
Ils évoquent notamment « des discours de haine, des déplacements forcés, des assassinats ciblés et la destruction de villages », dénonçant une situation longtemps ignorée par la communauté internationale.
Le texte souligne également que « l’immense richesse minière de la République démocratique du Congo a trop souvent éclipsé la souffrance des Banyamulenge », accusant certains intérêts économiques et géopolitiques de détourner l’attention des violations graves des droits humains.
Les signataires dénoncent une réponse internationale jugée insuffisante face aux alertes répétées. Ils indiquent que des hauts fonctionnaires des Nations Unies ont à plusieurs reprises mis en garde contre le risque de crimes d’atrocité, mais que l’action internationale demeure insuffisante.
« Des hauts fonctionnaires des Nations Unies ont à plusieurs reprises mis en garde contre le risque de crimes d’atrocité, pourtant l’action internationale significative demeure insuffisante », affirment-ils.
Ils expriment également leur préoccupation concernant le rôle de la RDC au sein du Conseil de sécurité, estimant que de nombreuses victimes perçoivent comme troublante la participation du gouvernement congolais à la présidence des travaux du Conseil en période de crise humanitaire persistante.
« De nombreuses victimes perçoivent comme profondément troublante la participation du gouvernement de la République démocratique du Congo à la présidence des travaux du Conseil en période de crise humanitaire persistante », peut-on lire dans le communiqué.
La situation à Minembwe est décrite comme critique. Le mémorandum fait état de « plus de quatorze mois » de restrictions sévères limitant l’accès humanitaire, laissant « des milliers de civils » privés de ressources essentielles : nourriture, eau potable, soins médicaux et abris.
Les auteurs dénoncent également des attaques répétées contre les populations civiles.
« Des opérations militaires coordonnées impliquant les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), la Force de défense nationale du Burundi (FDNB) et des groupes armés supplétifs, notamment les FDLR, les milices Wazalendo et des mercenaires étrangers », mentionnent-ils.
Des accusations particulièrement graves concernent l’usage d’armes lourdes : « l’utilisation d’artillerie, de bombardements aériens et de drones armés dans des zones civiles peuplées », avec des frappes qui auraient touché « l’hôpital général de référence de Minembwe, des écoles, des habitations et des lieux de culte ».
Le document cite plusieurs cas de violences extrêmes, notamment des assassinats de membres de la communauté banyamulenge, qualifiés d’exemples parmi les plus graves de violences à motivation ethnique.
Il évoque ainsi « les exemples les plus horribles rapportés de violences à motivation ethnique contre la communauté banyamulenge » et appelle à « des enquêtes crédibles et à l’établissement des responsabilités pour tous les auteurs ».
Face à cette situation, le mémorandum formule plusieurs recommandations urgentes, notamment la levée immédiate des restrictions humanitaires, l’ouverture d’enquêtes internationales indépendantes et impartiales, ainsi que l’application de sanctions et de mesures de responsabilité de manière équitable.
Les signataires insistent sur le fait que leur démarche ne vise pas à protéger des auteurs de crimes, mais repose sur « les principes de justice égale, de responsabilité impartiale, de protection des civils et d’action humanitaire urgente ».
Dans cette déclaration, ils exhortent le Conseil de sécurité à démontrer, par des actions concrètes, son engagement en faveur de la protection des populations et du respect du droit international, afin que les droits, la dignité et la sécurité des Banyamulenge ainsi que de toutes les communautés vulnérables soient protégés de manière égale et sans discrimination.
Kethia Rugamika

