L’Ouganda a annoncé, le 21 mai, une série de restrictions drastiques visant ses échanges avec la République démocratique du Congo (RDC), en réponse à la résurgence du virus Ebola de souche Bundibugyo dans la région des Grands Lacs.
Réunie sous l’autorité de la Task Force nationale, la plus haute instance de coordination de crise présidée par le vice-président ougandais, Kampala a décidé la suspension progressive de l’ensemble des vols commerciaux reliant les deux pays dans un délai de 48 heures.
Une mesure rare, révélatrice de l’inquiétude grandissante face à la dynamique transfrontalière de l’épidémie.
Au-delà du trafic aérien, l’Ouganda impose un gel temporaire de la mobilité terrestre et lacustre des passagers. Les bus transfrontaliers, les traversées par ferry sur la rivière Semliki ainsi que les transports publics reliant les zones frontalières seront suspendus pour une durée de quatre semaines.
Seuls les flux de marchandises, notamment alimentaires et logistiques, resteront autorisés.
Les autorités ont également ordonné l’arrêt des rassemblements culturels dans les zones frontalières à risque, ainsi que la suspension des marchés hebdomadaires, souvent perçus comme des foyers potentiels de transmission communautaire.
Les déplacements humains sont désormais strictement encadrés et limités aux points d’entrée officiels.
Kampala mise parallèlement sur un durcissement du dispositif sanitaire aux frontières. Le gouvernement prévoit l’augmentation des capacités de dépistage, l’ouverture d’un centre de test supplémentaire pour accélérer les diagnostics, ainsi que le renforcement des patrouilles de sécurité destinées à limiter les franchissements non autorisés.
Malgré ces mesures exceptionnelles, les autorités ougandaises se veulent rassurantes sur la situation interne. Selon la Task Force, aucun cas confirmé d’Ebola n’a été détecté sur le territoire national. Le seul cas suspect suivi récemment serait désormais en voie de rétablissement après un test négatif.
Du côté congolais, les chiffres officiels font état de 64 cas confirmés et 6 décès liés à cette flambée épidémique, selon les données de surveillance sanitaire. La souche en circulation, Ebola Bundibugyo, suscite une vigilance particulière en raison de l’absence actuelle de vaccin ou de traitement spécifiquement homologué.
Une crise qui dépasse les frontières régionales
La situation a rapidement pris une dimension internationale. Plusieurs pays occidentaux ont renforcé leurs recommandations de voyage et mis en place des restrictions ciblées pour les personnes ayant transité par les zones touchées.
Dans ce contexte, les États-Unis ont relevé leur niveau d’alerte au maximum pour la RDC, l’Ouganda et le Soudan du Sud, appelant à éviter tout déplacement non essentiel et imposant des contrôles sanitaires renforcés à l’entrée du territoire.
Entre fermeture des frontières, réduction drastique des mobilités et montée en puissance des dispositifs de surveillance, l’Afrique des Grands Lacs se retrouve à nouveau au cœur d’une tension sanitaire majeure.

