La confirmation d’un premier cas de la maladie à virus Ebola à Goma, ville sous contrôle de l’AFC-M23, ravive les inquiétudes autour de la 17ᵉ épidémie qui frappe actuellement la RDC, avec l’Ituri comme épicentre. Dans un contexte déjà marqué par les tensions sécuritaires dans l’Est du pays, le coordonnateur politique de l’AFC-M23, Corneille Nangaa, a lancé une charge virulente contre le gouvernement de Kinshasa, accusé de « désengagement chronique » dans la gestion sanitaire nationale.
Dans une longue déclaration publiée sur X, l’ancien président de la Commission électorale nationale indépendante a dénoncé l’absence de financement public accordé à l’INRB, l’Institut national de recherche biomédicale, pourtant au cœur de la surveillance et de la riposte épidémiologique en RDC.
« Une déclaration grave, qui illustre l’abandon systémique des structures sanitaires stratégiques du pays », a écrit Corneille Nangaa, faisant référence aux propos du professeur Jean-Jacques Muyembe révélant que l’INRB ne bénéficierait d’aucun financement direct de l’État congolais.
Il accuse par ailleurs le pouvoir central de privilégier « des dépenses de prestige » au détriment des priorités sociales essentielles.
« Alors qu’il dilapide des millions de dollars dans le financement de clubs de football européens, le régime illégitime et corrompu de Kinshasa expose une nouvelle fois son irresponsabilité chronique dans la gestion du secteur de la santé publique », affirme le communiqué.
L’AFC-M23 assure toutefois que le cas détecté à Goma a été « rapidement pris en charge » et que des mesures de confinement sanitaire ont été immédiatement activées afin d’éviter toute propagation dans cette métropole stratégique de l’Est congolais, déjà fragilisée par des déplacements massifs de populations et l’instabilité sécuritaire.
« L’objectif demeure clair : protéger les populations, prévenir et contenir la menace, assurer une prise en charge appropriée et contribuer à l’éradication rapide de ce fléau », a insisté Corneille Nangaa.
Le mouvement affirme collaborer avec « les autorités sanitaires compétentes » ainsi qu’avec des partenaires régionaux et internationaux pour organiser une riposte « professionnelle et conforme aux exigences de santé publique ».
Le mouvement accuse le gouvernement congolais de vouloir instrumentaliser la situation sanitaire pour justifier d’éventuelles opérations militaires contre Goma et les zones environnantes.
« Une crise épidémique ne connaît ni frontières administratives, ni lignes de front, ni appartenances politiques », soutient le CorneilleNangaa, avant de mettre en garde contre « toute manœuvre visant à exploiter une crise sanitaire à des fins sécuritaires, militaires ou politiques ».
Cette déclaration intervient alors que les autorités sanitaires redoutent une extension rapide de l’épidémie au-delà de l’Ituri, notamment vers les grands centres urbains de l’Est du pays. La ville de Goma, carrefour régional densément peuplé et frontalier avec le Rwanda, constitue un point particulièrement sensible dans la lutte contre Ebola.
« Face à Ebola, l’heure n’est ni à la propagande ni aux accusations faciles. L’heure est à la responsabilité, à la coopération et à la protection effective des populations », conclut Corneille Nangaa.
Le gouvernement de la République démocratique du Congo fait état de 136 décès supposés et de plus de 543 cas suspects recensés au sein de la communauté. Selon les analyses réalisées par l’Institut National de Recherche Biomédicale (INRB), l’épidémie serait liée au variant Bundibugyo du virus Ebola. Contrairement au variant Ebola Zaïre, cette souche ne dispose actuellement d’aucun vaccin ni traitement spécifique validé, ce qui renforce les inquiétudes des autorités sanitaires face à la propagation de la maladi.

