La dynamique de l’épidémie d’Ebola qui touche l’Est de la République démocratique du Congo franchit un nouveau cap régional. L’Ouganda a annoncé mardi la fermeture temporaire de sa frontière avec la RDC au niveau d’Ishasha, dans un contexte d’alerte sanitaire accrue après la confirmation de cas liés à la flambée épidémique transfrontalière.
« Nous avons mis en place des restrictions temporaires sur les mouvements transfrontaliers de personnes afin d’éviter la propagation d’Ebola. L’équipe spéciale du district poursuit une surveillance accrue de la situation », a déclaré le commissaire résident du district de Kanungu, Ambrose Amanyire Mwesigye.
Les autorités sanitaires ougandaises sont en état d’alerte après la confirmation de deux cas d’Ebola, dont un décès, liés à l’épidémie en cours dans l’est de la RDC.
Les personnes identifiées comme contacts du patient décédé ont été placées en isolement, tandis que Kampala renforce les dispositifs de contrôle aux points d’entrée frontaliers.
Cette fermeture s’ajoute à une série de mesures similaires dans la région. Les postes frontaliers entre la RDC et le Rwanda ont également été temporairement fermés depuis le 17 mai, affectant notamment les principaux points de passage entre Goma et Gisenyi, dont la Grande Barrière et la Petite Barrière.
L’épidémie actuelle est provoquée par le variant Bundibugyo du virus Ebola, une souche rare associée à un taux de létalité pouvant atteindre 50 %. À ce jour, aucun vaccin ou traitement homologué spécifique à cette variante n’est disponible, ce qui complique davantage la réponse sanitaire.
Selon les données conjointes du Ministère de la Santé de la RDC et de l’Organisation mondiale de la santé, plus de 500 cas suspects et environ 130 décès suspects ont été recensés, principalement dans la province de l’Ituri. Des cas suspects ont également été signalés hors de cette zone, y compris à Kinshasa et dans des zones frontalières sensibles.
L’OMS a classé la situation comme une urgence de santé publique de portée internationale. L’organisation recommande toutefois de privilégier le dépistage, la surveillance et le contrôle sanitaire aux frontières plutôt que leur fermeture, estimant que les restrictions de circulation peuvent parfois compliquer le suivi des chaînes de transmission.

