La région des Grands Lacs est de nouveau sous tension sanitaire. Le président ougandais Yoweri Kaguta Museveni a annoncé le report des célébrations annuelles de la Journée des martyrs en raison de l’épidémie de maladie à virus Ebola qui sévit actuellement en République démocratique du Congo.
Voisine à la RDC, l’Ouganda a déjà enregistré un cas positif de l’épidémie Ebola.
Cette décision intervient dans un contexte de vigilance accrue, alors que les autorités sanitaires internationales ont élevé le niveau d’alerte.
Chaque année, l’Ouganda accueille des milliers de pèlerins venus de l’est de la République démocratique du Congo pour ces commémorations religieuses majeures. Or, la circulation active du virus dans les zones frontalières a poussé Kampala à suspendre temporairement l’événement.
« Cette décision a été prise parce que l’Ouganda reçoit chaque année des milliers de pèlerins de l’est du Congo, qui connaît actuellement une épidémie d’Ebola. Pour protéger la vie de chacun, il est essentiel que cet événement important soit reporté », a déclaré le président Museveni dimanche soir.
Face à l’évolution de la situation, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclaré une urgence de santé publique de portée internationale (USPPI).
L’épidémie en cours se distingue par la circulation d’une souche rare du virus, le virus Bundibugyo, une variante pour laquelle aucun vaccin ni traitement spécifique homologué n’est actuellement disponible, compliquant fortement la réponse médicale.
Selon les données du ministère congolais de la Santé, environ 350 cas suspects ont été signalés et au moins 91 décès probables sont recensés dans l’est de la RDC.
La province de l’Ituri est l’épicentre principal de l’épidémie, notamment dans les zones minières et urbaines de Bunia, Rwampara et Mongbwalu. À Goma, au Nord-Kivu, un premier cas confirmé a été enregistré chez une femme arrivée de Bunia après le décès de son époux.
Des cas importés ont également été signalés en Ouganda, incluant au moins deux infections chez des voyageurs en provenance de la RDC, dont un décès.
La situation met en évidence la vulnérabilité des zones frontalières densément interconnectées entre la RDC, l’Ouganda et le Rwanda.
Face à la nouvelle flambée d’Ebola dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), les autorités rwandaises ont procédé le 17 mai à la fermeture temporaire des postes frontaliers avec Goma (notamment via le district de Rubavu / Gisenyi) pour empêcher toute propagation.
