La situation sécuritaire continue de se détériorer dans l’est de la République démocratique du Congo, quelques jours seulement après la signature d’un mécanisme d’entente sur le cessez-le-feu entre l’AFC-M23 et le gouvernement congolais, le 17 avril à Montreux, en Suisse.
Sur le terrain, les hostilités se poursuivent dans plusieurs zones. Au Sud-Kivu, la région de Minembwe reste le théâtre de bombardements par drones attribués aux forces armées congolaises, appuyées par l’armée burundaise. Au Nord-Kivu, le village de Kibati, dans le territoire de Masisi, a été frappé mardi 21 avril 2026, selon des sources concordantes.
Par la voix de son porte-parole Lawrence Kanyuka, l’AFC-M23 accuse Kinshasa de violer les engagements pris dans le cadre des accords de cessez-le-feu conclus à Doha, Washington et récemment à Montreux. Le mouvement politico-militaire dénonce l’usage de drones offensifs contre des zones habitées.
« L’AFC/M23 informe le peuple congolais ainsi que la communauté internationale que les accords successifs signés entre Kinshasa et l’AFC/M23 ne constituent, pour le régime de Kinshasa, qu’un simulacre cynique qu’il piétine à sa guise. Ce mardi 21 avril 2026 à 17h05, les forces coalisées du régime de Kinshasa ont bombardé, à l’aide d’un drone d’attaque CH-4, la zone densément peuplée de Kibati et ses environs dans le territoire de Masisi, détruisant plusieurs habitations », a déploré Lawrence Kanyuka.
Dans le territoire de Fizi, au Sud-Kivu, la société civile fait également état de bombardements survenus le 19 avril dans les villages de Bikyaka et Point Zéro, ayant causé plusieurs morts et blessés parmi les civils.
Face à l’escalade, la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en RDC (MONUSCO) appelle à l’arrêt immédiat de l’usage des drones offensifs et se dit prête à appuyer les mécanismes de supervision du cessez-le-feu.

