Un jeune homme a été tué par la population dans le quartier Katoyi, en commune de Karisimbi, ville de Goma, dans la matinée de ce vendredi 17 avril 2026. Le drame s’est produit au niveau de Nyabushongo.
La victime est accusée de « vol de sexe ». Selon un témoignage recueilli sur place par Kivu Morning Post, la victime, identifiée comme Byanda Baidika Germain, originaire du Sud-Kivu, a été violemment prise à partie par des habitants.
« On vient de tuer un jeune ici à Nyabushongo dans le quartier Katoyi. Il a été accusé d’avoir volé le sexe », a témoigné un jeune du quartier.
Un autre incident a été signalé à l’entrée CBCA Ndosho, dans le quartier Kyeshero. Un jeune a été violemment tabassé par la population pour les mêmes accusations. Celui-ci a été sauvé de justesse.
Les autorités locales dénoncent des actes de justice populaire fondés sur de fausses informations. Le maire de Goma, Désiré Ngabo, rappelle que des mises en garde avaient été lancées avant ces incidents.
« Nous avons alerté il y a 48 heures la population pour dire que cette question de vol de sexe qui circule est fausse. Il s’agit juste d’une rumeur, mais beaucoup n’ont pas compris. Aujourd’hui, nous venons de perdre un jeune du nom de Byanda Baidika Germain », a-t-il déploré.
Face à la persistance de ces accusations, l’autorité urbaine appelle à la responsabilité collective.
« Nous demandons à la population d’être vigilante. Il n’y a pas de vol de sexe à Goma », a insisté le maire.
Désiré Ngabo annonce par ailleurs des mesures strictes contre les auteurs de justice populaire.
« Nous allons commencer à arrêter ceux qui se rendent justice dans ce faux dossier. Nous allons arrêter ceux qui tuent, mais aussi ceux qui filment et toute personne qui se retrouve sur le lieu où un innocent est accusé à tort », a-t-il averti.
Il appelle la population à saisir les autorités en cas de problème. Face à la propagation rapide de cette rumeur, partie du Maniema avant d’atteindre plusieurs provinces dont le Sud-Kivu, le Tanganyika et le Lualaba, les autorités rappellent qu’aucun cas avéré de disparition d’organes n’a été confirmé.
À Goma, où neuf personnes ont été interpellées ces dernières 72 heures, la mairie parle d’un « pur mensonge » et appelle la population à ne pas céder à la panique, à éviter la justice populaire et à signaler tout cas suspect aux services compétents.

