L’Alliance des Forces Démocratiques du Congo (AFDC) a annoncé jeudi 16 avril 2026 la radiation définitive du député national Patrick Munyomo Basilwango, accusé de faits graves de dissidence et de rébellion contre les décisions du parti.
Dans une décision signée à Kinshasa, l’autorité morale de l’AFDC, le sénateur Modeste Bahati Lukwebo, s’appuie sur les conclusions de la commission de discipline. Le document évoque notamment « des faits graves de rébellion vis-à-vis des décisions du parti et de dissidence », reprochés à l’élu ainsi qu’à un autre cadre, Clovis Otto Bahizi.
La mesure est formulée sans ambiguïté dans l’acte officiel.
« Sont radiés définitivement du Parti politique Alliance des Forces Démocratiques du Congo (AFDC), les membres dont les noms ci-après : Monsieur Otto Bahizi Clovis ; Monsieur Munyomo Basilwango Patrick ».
La décision précise également qu’elle entre en vigueur à la date de sa signature.
Mais cette sanction disciplinaire ne fait pas l’unanimité en interne. Une autre aile du parti, se réclamant fidèle aux institutions, conteste la légitimité de cette décision.
Dans une déclaration rendue publique le même jour, la coordination du groupe parlementaire AFDC affirme que « le sénateur Bahati Lukwebo ne dispose, à ce jour, d’aucune qualité juridique ni légitimité pour engager l’AFDC, encore moins pour prendre des décisions disciplinaires ou de radiation », évoquant un contentieux interne pendant devant le ministère de l’Intérieur.
Elle qualifie également la décision visant Patrick Munyomo de « nulle, irrégulière et juridiquement inopposable, car prise en violation flagrante des règles de compétence ».
La même source insiste sur le maintien de l’élu dans ses rangs.
« Nous rejetons catégoriquement cette décision et la déclarons de nul effet », affirmant que le député demeure membre de leur coordination et reste engagé aux côtés des institutions.
La discorde a débuté après la sortie médiatique de l’ancien vice-président du Sénat, qui s’était écarté des positions de l’Union sacrée de la Nation sur le mandat de Félix Tshisekedi et la question de la Constitution.
Patrick Munyomo, avec un groupe de députés nationaux, s’était désolidarisé des propos de Bahati Lukwebo, réaffirmant leur loyauté au président Félix Tshisekedi.

