Le vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, de la Sécurité, de la Décentralisation et des Affaires coutumières, Jacquemain Shabani Lukoo, est désormais sous la menace d’une motion de défiance à l’Assemblée nationale.
La motion portée par le député national Laddy Yangotikala Senga, élu de Kisangani-Ville dans la province de la Tshopo, est déjà déposée au bureau de l’assemblée nationale.
Selon l’initiateur, la motion a déjà franchi le seuil requis avec une cinquantaine de signatures recueillies parmi les élus.
Au cœur de cette offensive parlementaire : la dégradation persistante de la sécurité dans les grandes villes du pays, en particulier à Kinshasa, où braquages, enlèvements et banditisme urbain continuent d’alimenter la psychose, malgré le déploiement de l’opération Ndobo, censée endiguer ce phénomène.
Les initiateurs de la motion estiment que cette opération reste, à ce stade, sans effet tangible sur le vécu quotidien des populations.
Dans la capitale, cette initiative suscite déjà des réactions partagées. Interrogé, Prosper Kasongo, habitant de Kinshasa, estime que le problème dépasse la seule responsabilité du ministre.
« Le problème de l’insécurité urbaine ne peut pas être attribué à l’individu Shabani, ministre de l’Intérieur, mais plutôt à un régime qui n’a jamais eu de vision claire concernant presque tous les secteurs de la vie nationale », affirme-t-il.
Pour ce Kinois, la solution passe avant tout par une refonte en profondeur des services de sécurité.
« Tant qu’il n’y aura pas de réformes simultanées de la police, de l’armée et des services de renseignements, la question de la sécurité dans ce pays continuera de poser problème. Nous pourrons remplacer des individus à tout moment, mais la situation restera inchangée », insiste-t-il.
La suite de la procédure dépendra désormais de l’examen de la motion par la plénière de l’Assemblée nationale, qui devra se prononcer sur sa recevabilité avant l’éventuelle convocation du ministre concerné.

