La chefferie de Djukoth, en territoire de Mahagi, en province de l’Ituri, fait face à une grave crise humanitaire liée à l’afflux massif de déplacés venus du territoire de Djugu.
Selon la société civile locale, la situation atteint un niveau d’alerte élevé dans les zones de santé de Logo et de Rimba, où les structures d’accueil sont inexistantes ou largement dépassées.
D’après les chiffres avancés, 51 166 personnes, majoritairement des femmes et des enfants, vivent actuellement sans assistance adéquate.
Parmi elles, 14 536 enfants sont privés d’accès à l’éducation, faute d’infrastructures scolaires disponibles, tandis que 7 décès infantiles ont déjà été enregistrés, conséquence directe du manque de soins médicaux et de la précarité sanitaire.
Sur le terrain, les familles déplacées sont contraintes de s’installer dans des églises ou d’occuper des salles de classe, qu’elles doivent quitter chaque matin pour permettre la reprise des cours. Cette situation de cohabitation instable accentue la vulnérabilité des populations et complique la gestion des activités scolaires et communautaires.
La pression sur les infrastructures de base est également préoccupante.
À Amee et Jalusene, les points d’eau sont fortement saturés, augmentant les risques de propagation de maladies hydriques et faisant craindre une éventuelle crise sanitaire.
Par ailleurs, la promiscuité entre populations déplacées et communautés locales engendre des tensions sociales, notamment entre agriculteurs et éleveurs, sur fond de compétition pour les ressources limitées.
Face à cette situation jugée critique, Jacques Pithua, sous-coordonnateur de la société civile, appelle à une intervention urgente des autorités nationales et des partenaires humanitaires.
Il plaide pour un déploiement rapide d’assistance médicale et alimentaire, tout en exhortant le gouvernement à accélérer le processus de paix DDRC-S afin de permettre un retour sécurisé et durable des déplacés dans leurs milieux d’origine.

