Le parti d’opposition ENVOL, de Delly Sesanga, a contesté le dispositif annoncé par le gouvernement congolais sur l’accueil temporaire de ressortissants de pays tiers expulsés des États-Unis, dénonçant une initiative contraire à la souveraineté nationale.
Dans un communiqué signé par sa porte-parole Dena Jocelyne, ENVOL affirme que « la République démocratique du Congo n’est pas une terre de relégation », qualifiant le projet de « dispositif obscur, inacceptable et contraire à la souveraineté nationale ».
Le parti estime que le texte du gouvernement constitue « un aveu grave d’impuissance et de bradage de notre dignité nationale », dans un contexte où le pays fait déjà face à des millions de déplacés internes et à une crise sécuritaire persistante dans l’Est.
S’attaquant au fond du dossier, ENVOL soutient que « l’accueil sur le territoire national de personnes expulsées par un autre État constitue, par nature, un mécanisme d’externalisation de politique migratoire étrangère ».
Selon le parti, cette décision revient à « subordonner notre politique migratoire à des décisions étrangères » et à « transformer notre territoire en dépotoir de gestion des contraintes d’autres États », malgré les assurances de Kinshasa selon lesquelles il ne s’agit « ni d’une relocalisation permanente ni d’une externalisation ».
Le communiqué insiste également sur le manque de transparence entourant l’accord. ENVOL veut connaître « le nombre de personnes concernées, leur statut juridique exact, les mécanismes d’accueil, d’hébergement et les conséquences sécuritaires et sociales ».
Le gouvernement précise que chaque situation fera l’objet d’un examen individuel, qu’aucun transfert automatique n’est prévu et que la pleine maîtrise des admissions reste entre les mains de l’État congolais.
En conséquence, ENVOL exige « la suspension immédiate de la mise en œuvre de ce dispositif », « la publication intégrale des termes de l’accord » ainsi que « la saisine du Parlement pour tout engagement international de cette nature ».
Le parti appelle aussi à l’ouverture d’un débat national sur la politique migratoire et les engagements extérieurs de la RDC, estimant qu’un dossier touchant à la sécurité et à la souveraineté ne peut être géré dans l’opacité.
Cette sortie d’ENVOL place désormais la controverse sur le terrain institutionnel. Après les premières interrogations de la société civile, l’opposition tente de transformer ce dossier migratoire en débat national sur la souveraineté, le contrôle parlementaire et les contreparties diplomatiques entre Kinshasa et Washington, dans un contexte politique déjà sensible à l’approche des grands rendez-vous de 2028.

