Un incident survenu jeudi 19 février 2026 au parquet près le Tribunal de paix de Mambasa, dans la province de l’Ituri, continue de susciter une vive réaction au sein du corps des avocats.
Selon plusieurs sources concordantes, un magistrat aurait physiquement agressé un avocat du Barreau de l’Ituri alors que ce dernier exerçait ses fonctions dans les locaux judiciaires, en présence du chef de parquet.
Face à la clameur publique relayée par les médias et la société civile, le bâtonnier du Barreau de l’Ituri, Me Joseph Keta, est monté au créneau pour clarifier la position de son institution.
Il indique que les faits, s’ils sont avérés, pourraient relever d’une procédure de flagrance, les événements s’étant déroulés dans un contexte qualifié de flagrant. Toutefois, rappelle-t-il, lorsqu’il s’agit d’un magistrat, celui-ci bénéficie de privilèges de juridiction et ne peut être poursuivi que devant la Cour d’appel compétente.
À ce stade, la Cour d’appel n’est pas encore officiellement saisie du dossier. Une audience de flagrance avait été envisagée, mais aucune date n’a été fixée après des échanges avec le premier président de la Cour d’appel et le parquet général.
Réuni en urgence le lundi 23 février, le Conseil de l’Ordre du Barreau de l’Ituri a décidé de suspendre, jusqu’à nouvel ordre, la participation des avocats à toutes les audiences, en attendant l’organisation effective d’une audience de flagrance. Pour le bâtonnier, cette mesure vise à garantir le respect strict de la procédure et à s’assurer que la justice soit rendue en toute transparence.
Selon les dernières informations communiquées par le bâtonnier, le magistrat concerné, qui se trouvait encore à Mambasa le week-end dernier, serait désormais à Bunia, siège de la juridiction compétente. Si une audience de flagrance est organisée, elle pourrait donc se tenir devant la Cour d’appel dans le ressort de l’Ituri.
De son côté, la CRDH Mambasa, par la voix de Me John Vuleveryo, a également appelé à l’ouverture d’une enquête par les autorités compétentes afin d’établir les responsabilités.
Cette affaire, qui met en cause les relations entre magistrature et barreau, est suivie de près par l’opinion publique locale, dans un contexte où le respect des droits de la défense et l’indépendance des professions judiciaires demeurent des principes fondamentaux de l’État de droit.

