L’armée congolaise et ses alliés miliciens Wazalendo ont repris, hier dimanche 18 janvier 2026, la ville d’Uvira, deuxième ville de la province du Sud-Kivu, située à la frontière avec le Burundi.
Les FARDC et leurs alliés avaient été défaits après des combats contre les combattants de l’AFC/M23 au début du mois de décembre 2026.
À la suite de tractations diplomatiques liées aux négociations de Doha, l’AFC/M23 a complètement retiré ses troupes de la ville d’Uvira le samedi 17 janvier, affirmant remettre la ville sous la responsabilité de la communauté internationale.
Hier dimanche, l’armée et les Wazalendo ont été visibles dans la ville, à pied et à bord de véhicules.
Des scènes de pillages ont été enregistrées dans plusieurs quartiers de la ville, notamment au port de Kalundu, à la frontière de Kavinvira ainsi que dans des bâtiments publics.
Plusieurs maisons de Banyamulenge et des églises ont également été pillées par des groupes d’habitants et des Wazalendo, ont déploré des acteurs de la société civile.
Des coups de feu ont été entendus toute la journée dans la ville, où au moins une personne a été tuée et cinq autres blessées.
Depuis, un sentiment mitigé s’observe à Uvira. Si une frange des habitants a accueilli les Wazalendo et les FARDC, une partie de la population redoute des actes barbares attribués aux Wazalendo.
Depuis la prise d’Uvira par l’AFC/M23, le mouvement politico-militaire avait réussi à imposer un certain calme dans la ville et à redonner la paix aux habitants, selon des sources locales.
Le coordonnateur de l’AFC/M23 a condamné ces actes, marqués par des règlements de comptes, des pillages de biens publics et privés, des chasses à l’homme, des tueries ciblées et des déplacements forcés de la communauté tutsie Banyamulenge, survenus après le retrait de bonne foi de l’AFC/M23.
« Le chaos était prévisible et tout le monde était pourtant prévenu. Nous avions même proposé des mesures d’accompagnement sans être entendus. Qui donc en portera la responsabilité devant l’histoire ? Le destin étant en péril, l’inaction est inacceptable », a déploré Corneille Nangaa.

