Le président de la communauté tutsi du Nord-Kivu, David Karambi Fati, a estimé que la suspension du général-major Sylvain Ekenge de ses fonctions de porte-parole des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) était insuffisante au regard de la gravité des propos qui lui sont reprochés.
Dans une lettre adressée au secrétaire général des Nations unies, David Karambi Fati affirme que les déclarations du général Ekenge, diffusées sur la chaîne nationale RTNC, sont « de nature discriminatoire et stigmatisante envers la communauté tutsi » et constituent « une menace directe pour la cohésion nationale et la sécurité des populations civiles ». Celui-ci demande que l’ancien porte-parole des FARDC soit déféré devant la justice.
Il appelle ainsi à des poursuites judiciaires, demandant « l’arrestation immédiate de l’auteur de ces propos et sa traduction devant les juridictions compétentes ».
Dans cette lettre, dont une copie est parvenue à la rédaction de Kivu Morning Post, il met également en garde contre les conséquences de tels discours dans un contexte de conflit armé persistant dans l’Est de la République démocratique du Congo.
« De pareils discours de haine, provenant d’une haute autorité militaire, risquent d’exacerber les violences ethniques et de compromettre les efforts de paix régionaux », écrit-il.
David Karambi Fati exhorte par ailleurs les Nations unies à « condamner fermement les discours de haine ainsi que les médias qui les diffusent » et à « renforcer la surveillance internationale pour la protection des minorités et des populations vulnérables ».
L’état-major général des FARDC a suspendu le général Sylvain Ekenge après des propos controversés, précisant que ceux-ci « ne reflètent en rien la position officielle de la République, ni celle du Président de la République, ni celle du Gouvernement ».

