Sous un soleil discret ce lundi 22 décembre, cent femmes se sont réunies à Goma, veuves pour la plupart et vulnérables toutes, issues des communautés musulmane, catholique et protestante. Elles répondent à l’appel de la Fondation Pasteur Kashira, dans le cadre de la deuxième phase du projet Upendo Masikilizano Maendeleo Solidarité (UMAMA).
Ici, aucune distinction religieuse n’est faite. Pour la Fondation, héritière de la vision humaniste du pionnier de la 8ᵉ CPAC au Nord-Kivu, seule compte la dignité humaine. Toute sa vie, le pasteur Kashira a servi les autres ; aujourd’hui, son œuvre continue de parler pour lui.
Les bénéficiaires ont reçu un appui financier : certaines un premier prêt, d’autres un deuxième, d’un montant de 100 dollars américains, destiné à lancer ou renforcer de petites activités génératrices de revenus. Petits commerces, initiatives locales, projets de survie… autant de graines semées pour l’autonomie de ces femmes longtemps oubliées.
Dans les regards, l’émotion est palpable. Des sourires timides, parfois des larmes.
« Je suis tellement reconnaissante pour ce deuxième prêt. Je vais renforcer mon commerce et cela va aider mes enfants pendant cette période critique. Je suis veuve musulmane, mais cette différence de religion n’a pas empêché la Fondation de m’aider », confie madame Zaurati Fariala, la voix tremblante d’émotion.

Fidèles à la mémoire du pasteur, les bénéficiaires remercient également Madame Mimy Kashira, qui perpétue le vœu du feu pasteur et de toute la famille Kashira, engagée depuis des années aux côtés des femmes en difficulté à Goma.
« C’est la première fois que je bénéficie d’un prêt sans intérêt. Je suis catholique mais j’ai été sélectionnée parce que j’étais en besoin. Voir qu’il existe encore des cœurs sensibles aux difficultés des autres est extraordinaire », témoigne Sylvie Fundiko.
Venue spécialement du Canada, Madame Mimy Kashira a tenu à être présente lors de la distribution. « Ce ne sont pas les moyens qui comptent, mais le cœur de compassion », insiste-t-elle, appelant la diaspora congolaise en Amérique, en Europe et ailleurs à ne pas oublier les femmes vulnérables de leur terre d’origine.
Les prêts accordés dans le cadre du projet UMAMA sont sans intérêt et remboursables en cinq tranches sur cinq mois, un modèle solidaire pensé pour soutenir sans étouffer. Au-delà de ce projet, la Fondation Pasteur Kashira continue, dans sa routine humanitaire, à accompagner les femmes veuves et vulnérables par des dons en cash, vivres et non-vivres.
À Goma, ce geste concret redonne non seulement des moyens, mais surtout l’espoir, transformant la détresse en dignité et la vulnérabilité en résilience.

