Quelques jours après l’annonce d’un cessez-le-feu unilatéral par l’Alliance Fleuve Congo (AFC-M23), de nouveaux affrontements ont été signalés vendredi matin au Sud-Kivu. Le mouvement politico-militaire accuse les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), repliées d’Uvira vers Baraka, d’avoir lancé des attaques contre ses positions à Makobola, localité située à environ 45 kilomètres au sud d’Uvira.
Dans un communiqué, l’AFC-M23 affirme avoir décrété ce cessez-le-feu « dans un esprit de responsabilité » afin de favoriser un retour à la paix. Le mouvement accuse toutefois le gouvernement de Kinshasa de violer cet engagement et de poursuivre des opérations militaires contre ses positions et des zones civiles.
Selon Lawrence Kanyuka, porte-parole de l’AFC-M23, les forces gouvernementales et leurs alliés auraient mené, vendredi 19 décembre, plusieurs attaques coordonnées. « Dès 5h00, des drones kamikazes et des unités de la force navale ont ciblé nos positions et des zones densément peuplées à Makobola, en provenance de Baraka », affirme-t-il. Une demi-heure plus tard, des frappes à l’aide de drones et d’artillerie lourde auraient visé la région de Minembwe, « semant la terreur parmi la population civile ».
L’AFC-M23 dit prendre à témoin l’opinion nationale et les partenaires internationaux, dénonçant des « violations répétées et délibérées » du cessez-le-feu et accusant les autorités congolaises de ne pas rechercher une solution pacifique au conflit. Kinshasa n’a pas encore réagi à ces allégations.
Ces nouveaux développements surviennent alors que, sous médiation américaine, les combattants de l’AFC-M23 ont entamé leur retrait de la ville d’Uvira. Le mouvement affirme que ses troupes se repositionnent en attendant le déploiement d’une force neutre, comme il l’exige, et précise que ce retrait devrait s’achever d’ici samedi.
Le gouvernement congolais, pour sa part, qualifie ce retrait de « manœuvre de diversion ». Il exige un retrait total et sans condition de l’AFC-M23 non seulement d’Uvira, mais aussi de Goma, de Bukavu et de l’ensemble des territoires occupés dans l’est du pays.

