Roger Lumbala, ancien chef rebelle congolais du Rassemblement congolais pour la démocratie‑National (RCD-N), a été condamné à 30 ans de prison. Il était poursuivi en France pour complicité de crimes contre l’humanité — meurtres, tortures, viols et réduction en esclavage — commis entre 2002 et 2003 dans l’est de la RDC, notamment en Ituri et au Nord-Kivu.
Pour certains analystes politiques et chercheurs en droit international, cette condamnation doit servir de leçon à tous les seigneurs de guerre ayant pris les armes contre la RDC : « leurs crimes ne resteront pas impunis ».
Ce mercredi 17 décembre, Maître Philémon Ndambi Wa Ndambi, habitant de Beni, au Nord-Kivu, a appelé la justice congolaise et internationale à poursuivre tous les rebelles commettant des crimes et des viols dans l’Est de la RDC, principalement au Nord et Sud-Kivu et en Ituri.
« Toutes les autres personnes et seigneurs de guerre qui commettent des crimes dans la région du Nord-Kivu, au Sud-Kivu et en Ituri, ils doivent savoir que, quelle que soit la longueur du temps, ils seront poursuivis. Quelle que soit la longueur de la nuit, le soleil finit toujours par apparaître. Cela vient d’être prouvé par le procès contre Roger Lumbala », a-t-il déclaré.
Il a également demandé à l’État congolais, aux autres États africains et occidentaux, ainsi qu’à la communauté internationale, de ne pas offrir de couverture ni de refuge aux auteurs de crimes contre l’humanité commis sur le sol congolais.
« Les auteurs des crimes ne doivent pas obtenir la couverture de certains États, notamment régionaux, africains et occidentaux, pour qu’ils ne soient pas poursuivis. La population congolaise a aussi droit à une justice équitable. La politique congolaise et internationale ne doit pas couvrir les atrocités », a renchéri Philémon Ndambi.
Pour sa part, Azarias Mokonzi, chercheur en droit international, estime que le verdict contre Roger Lumbala apporte un espoir pour les victimes, tout en demandant l’interpellation de tous les autres accusés.
« Même si c’est 20 ans plus tard, je crois que les victimes de ces violences devront ressentir une lueur d’espoir et de soulagement. Nous demandons également l’interpellation de certains officiers militaires qui ont été maintes fois cités, y compris l’ancien leader du mouvement, à savoir M. Jean-Pierre Bemba », a insisté Azarias Mokonzi.
C’est la première fois qu’un ressortissant de la RDC est jugé en France pour de tels faits. Quatre-vingt-cinq personnes ont été citées à comparaître dans ce procès, et 34 victimes se sont constituées parties civiles.

