L’acteur sociopolitique et notable de l’Ituri, Obed Byaruhanga, condamne fermement les démarches des autorités militaires visant à intégrer des membres de la milice CODECO au sein de la Réserve Armée de Défense (RAD), alors que les violences continuent dans plusieurs zones de la province. Il qualifie cette initiative de « trahison » envers les victimes des exactions commises par ce groupe armé.
Selon lui, cette mesure intervient dans un contexte où les massacres persistent dans les territoires de Djugu et d’Irumu, théâtres de nombreuses attaques attribuées à CODECO. Des villages ont été incendiés et des milliers de familles contraintes à l’exil. Le HCR recense près de 70 camps de déplacés dans la province, où vivent des personnes ayant tout perdu et toujours privées de sécurité.
Obed Byaruhanga estime qu’intégrer les miliciens comme réservistes de la FARDC sans justice préalable revient à « récompenser la violence », alors que les victimes restent confinées dans des conditions précaires.

« Les communautés meurtries voient aujourd’hui leurs bourreaux présumés réintégrer la vie civile alors qu’elles-mêmes survivent encore dans les camps », déplore-t-il.
Il accuse les autorités de manquer de considération pour les populations touchées et met en cause la responsabilité de l’État congolais dans la persistance de la crise. Selon lui, toute démarche de paix reste vouée à l’échec tant qu’elle ne s’accompagne pas de mécanismes de justice, de vérité et de réparation.
Cette semaine, le responsable de la RAD en Ituri a réaffirmé la volonté de la structure d’accepter l’intégration de la CODECO, estimant que la milice a choisi la voie de la paix en acceptant de défendre la région contre les menaces étrangères.
Rachidi Kudra, depuis Bunia
