La commission électorale nationale de la République de Tanzanie a proclamé, samedi 01 novembre 2025, la présidente sortante Samia Suluhu Hassan comme gagnante des l’élection présidentielle du 29 octobre. Créditée de 97,66 % des suffrages à l’élection présidentielle du 29 octobre.
Son parti, le Chama Cha Mapinduzi (CCM), au pouvoir depuis l’indépendance du pays en 1961, conserve ainsi la quasi-totalité des sièges au Parlement.
Le scrutin, présenté comme un test pour la stabilité politique du pays, s’est déroulé dans un climat de tensions et de contestations. Plusieurs figures de l’opposition, notamment celles du parti CHADEMA, avaient été empêchées de se présenter ou placées en détention avant le vote. Les observateurs indépendants et certaines missions diplomatiques occidentales ont pointé un manque de transparence et une absence d’équité électorale.

Depuis l’annonce des résultats, des manifestations violentes ont éclaté dans plusieurs villes, notamment à Mwanza et à Dodoma. Le principal parti d’opposition parle d’un bilan d’environ 700 morts, tandis que les autorités n’ont, jusqu’ici, reconnu qu’un nombre limité de victimes. Parallèlement, l’accès à Internet a été coupé dans plusieurs régions du pays, rendant difficile la circulation des informations.
Samia Suluhu Hassan, première femme présidente de Tanzanie, avait accédé au pouvoir en 2021 après la mort de John Pombe Magufuli. Son premier mandat avait été marqué par une volonté d’ouverture diplomatique et une réhabilitation des libertés publiques, après les années de forte centralisation du pouvoir sous son prédécesseur.
Cette nouvelle élection, remportée avec un score record, fait cependant craindre un retour à un système politique dominé par un parti unique de fait, dans un contexte régional où la question démocratique demeure fragile.
La présidente réélue a promis de « continuer à œuvrer pour l’unité et le développement » du pays, tandis que l’opposition appelle la communauté internationale à ne pas fermer les yeux sur les violences post-électorales.

