L’Alliance Fleuve Congo (AFC/M23), mouvement politico-militaire actif dans l’Est de la République démocratique du Congo, a accusé le gouvernement congolais de « mener une campagne malveillante » pour « occulter la vérité et la responsabilité » dans les crimes graves commis dans le pays. Cette accusation a été formulée dans une lettre du 19 septembre adressée au secrétaire général de l’ONU, António Guterres.
« Il est préoccupant et malhonnête que le gouvernement congolais s’emploie à promouvoir un récit mensonger pour enterrer la vérité concernant ces crimes et éviter toute responsabilité », écrit Corneille Nangaa, coordonnateur politique de l’AFC/M23, dans cette correspondance dont une copie est parvenue à la rédaction de Kivu Morning Post.
Selon le mouvement, « les attaques actuelles contre les Banyamulenge s’inscrivent dans une vaste entreprise systématique visant à déraciner, tuer et détruire les groupes ciblés, principalement les Tutsi du Nord-Kivu, les Banyamulenge du Sud-Kivu et les Hema en Ituri ».
L’AFC/M23 accuse les forces armées congolaises, ainsi que des milices locales soutenues par Kinshasa, d’être responsables de ces violences.
« Ces crimes sont commis par des forces armées gouvernementales et des milices appuyées par l’État, comme l’ont rapporté des ONG indépendantes et des membres du personnel onusien », poursuit la lettre.

Le mouvement estime que des événements organisés récemment par Kinshasa en marge de l’Assemblée générale de l’ONU à New York et du Conseil des droits de l’homme à Genève « s’inscrivent dans un plan visant à créer la confusion, à déformer les faits et non à rechercher la justice ».
« L’AFC croit en une paix fondée sur la vérité et la reconnaissance des réalités vécues. Toute démarche inférieure nuit à la confiance et compromet la réconciliation », conclut Corneille Nangaa.
Corneille Nangaa a écrit au secrétaire général de l’ONU alors que New York accueille la 80ème Assemblée générale des Nations Unies. Le président Félix Tshisekedi a pris la parole à l’ONU le 23 septembre pour évoquer la situation en RDC. Il a déclaré : « Ce n’est pas seulement un conflit, c’est un génocide silencieux qui frappe le peuple congolais depuis trente ans. » Tshisekedi a demandé la reconnaissance de ce génocide et a appelé à soutenir la lutte pour la vérité et la justice afin de construire une paix durable en Afrique.
Félix Tshisekedi a accusé le Rwanda d’appuyer l’AFC-M23 dans la commission des massacres contre des civils, compromettant la restauration de l’autorité de l’État dans plusieurs territoires de l’est de la RDC. Selon Corneille Nangaa, le discours propagé par le gouvernement de la RDC est une insulte aux véritables victimes des crimes génocidaires et ne sert que de propagande politique au profit du gouvernement actuel.

