Au moins 30 journalistes de Beni, chef-lieu provisoire du Nord-Kivu, ont discuté avec l’organisation Ubuntu Panafrika sur la question du terrorisme, principalement l’ADF-MTM, responsable de plusieurs attaques ayant fait 20 000 morts dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri.
Lors des discussions, maître Déo Shota, avocat conseil de Ubuntu Panafrika, a insisté sur les mesures d’autodéfense individuelles que doivent vulgariser les chevaliers de la plume.
« Nous devons développer notre propre défense avant même que l’armée intervienne. Il y a à Beni des familles qui n’ont même pas de machettes à la maison. Imaginez un parent qui fuit en premier et laisse les enfants derrière… », a-t-il déclaré.
Cet échange était organisé en prélude de la journée internationale de lutte contre le terrorisme, célébrée chaque 11 septembre. Sur les affiches, on pouvait lire: « la peur n’empêche pas de mourir. Elle empêche de vivre ». « Notre peur et notre silence donnent force aux ADF, pour nous empêcher de réagir. »
Selon Ubuntu, pour faire face au phénomène ADF, les habitants des zones affectées doivent surmonter la peur. La sécurité ne se donne pas, elle se construit. « Un peuple qui ne met pas sa jeunesse dans l’armée et les services de sécurité, se prépare à la mort, à l’esclavage et à l’exil. »

La genèse de l’ADF
Selon plusieurs rapports d’experts, dont ceux de l’ONU, les Forces démocratiques alliées (ADF) sont un groupe armé ougandais fondé en 1995, regroupant des mouvements d’opposition au président Yoweri Museveni. L’organisation s’est depuis déplacée en République démocratique du Congo (RDC).
Initialement composé d’islamistes du mouvement tabligh, l’ADF-Nalu était dirigé de 2007 à 2015 par Jamil Mukulu, jusqu’à son arrestation. Il était un chrétien converti à l’islam. Puis Musa Seka Baluku a pris la direction.
Les ADF sont affiliées à l’organisation État islamique depuis 2017. Le groupe armé a tué des milliers de civils et multiplié les pillages dans le nord-est de la RDC, en dépit du déploiement de l’armée ougandaise (UPDF) aux côtés des forces armées congolaises (FARDC).

