L’Alliance Fleuve Congo (AFC/M23) a exprimé sa « profonde indignation » après ce qu’elle qualifie de décision « discriminatoire » du gouvernement congolais de suspendre la gratuité de l’enseignement dans les zones passées sous son contrôle dans l’Est de la République démocratique du Congo.
Dans un communiqué signé par Benjamin Mbonimpa, secrétaire permanent de l’AFC/M23, le mouvement estime que cette mesure viole la Constitution congolaise ainsi que les engagements internationaux du pays.
« L’éducation étant un droit inaliénable et vital pour la nation, l’AFC/M23 réaffirme son engagement à le défendre », souligne le texte. Le mouvement rappelle que la gratuité de l’enseignement primaire est garantie par l’article 43 de la Constitution et soutenue par des financements de la Banque mondiale.
Selon l’AFC/M23, Kinshasa se servirait de la « soi-disant gratuité » comme d’un slogan politique, sans mesures d’accompagnement. Le communiqué dénonce « la défaillance dans la paie des enseignants, le manque de frais de fonctionnement des écoles, la pléthore d’élèves dans les classes et l’absence de formation continue ».
Le mouvement accuse le gouvernement d’avoir exclu arbitrairement l’Est du pays du financement de la Banque mondiale, passé de 800 millions USD en 2020 à 950 millions USD récemment. « En suspendant ce processus, le régime de Kinshasa trahit ses engagements internationaux et démontre clairement une volonté politique : celle d’affaiblir l’Est du pays, d’étouffer son potentiel humain et, in fine, de briser l’unité et la cohésion nationales », insiste l’AFC/M23.

Chiffres à l’appui, le communiqué affirme que 15.177 enseignants et 532.990 élèves au Nord-Kivu ainsi que 17.123 enseignants et 930.822 élèves au Sud-Kivu seraient directement affectés par cette mesure.
L’AFC/M23 qualifie cette suspension de « crime contre l’humanité », estimant que l’État congolais s’attaque à « l’avenir même de la nation ».
« Face à la folie d’un régime finissant qui ne jure que par la destruction du tissu éducatif national, l’AFC/M23 a fait un choix de responsabilité en se tenant toujours du côté des enfants pour défendre leurs droits et leur léguer un pays plus beau qu’avant », conclut le communiqué signé à Goma le 4 septembre 2025 par Benjamin Mbonimpa.
Quelques heures après cette sortie, le gouvernement congolais a tenu à rassurer que la gratuité de l’enseignement reste garantie sur toute l’étendue du territoire national, y compris dans les zones sous contrôle de l’AFC/M23.
« On ne peut pas revenir en arrière, nous réaffirmons la gratuité sur toute l’étendue du territoire », a insisté le ministère de l’Enseignement primaire, secondaire et technique (EPST).
