L’ancien commandant adjoint de la garde républicaine, le Général de Brigade Inyengele Bakati Ericsson et d’autres officiers ont été condamnés à 15 ans de prison. Dans son réquisitoire, le ministère public a demandé leur destitution de l’armée congolaise. Ces officiers sont accusés d’être les auteurs et co-auteurs d’un complot contre le Chef de l’État, visant à changer le régime légalement établi par les armes. L’audience s’est tenue à la Haute cour militaire dans la prison militaire de NDOLO, à Kinshasa.
« Qu’il plaise à votre haute cour militaire de dire, établie en faits comme en droit, l’infraction de complot à charge du Général de Brigade Ericsson Bakati dans le but de changer le régime de Kinshasa par les armes ; par conséquent, de le condamner sans admission des circonstances atténuantes à 15 ans de servitude pénale principale et à la destitution », a requis le Général-Major magistrat Cyprien Muwau du parquet général militaire, dans sa réquisition citée par l’ACP.
Le Général de Brigade Inyengele Bakati Ericsson, ancien commandant adjoint de la Garde républicaine chargé des opérations et renseignement, est poursuivi aux côtés du Colonel Mulingwa Mesmin, Colonel Lusenge David, Lieutenant-Colonel Kambale Batatshoki, Major Paluku Kizitu, Major Kasereka Kasaï, Major Mambo Lotshoro, Capitaine Malungu Kasale et Lieutenant Kakule, qui encourent la même peine.
Selon MOTE MADJAMBO Baudouin, chef de la Cellule de communication de la Haute Cour militaire, la peine de 10 ans de servitude pénale principale et la destitution ont été sollicitées pour les prévenus Colonel Nguzolo Matthieu et Lieutenant-Colonel Malaj Gervais.

Le ministère public a demandé à la Haute Cour militaire de condamner les prévenus Major Kavira Safi, Capitaine Keta Kungeyunga, Capitaine Rafiki Franck, Lieutenant Kasereka Léon, Sous-lieutenant Prince Salomon, Sergent-Major Ipisa Germain, sieur Kayiba Cephas et sieur Matenge Victor à 7 ans de servitude pénale principale.
Pour les prévenus Major Bulwangu Emmanuel, Major Kambale Jacques, Capitaine Kasereka Albert, Lieutenant Kazadi Daniel, Lieutenant Kakule Kamuhiti, Premier Sergent Mohindo Elias, Caporal Kambale Shalema, Soldat de 1ère classe Mohindo Makelele, sieur Kambale Elysé, sieur Mohindo Christian et sieur Okende Guy, l’accusation a requis 5 ans de servitude pénale principale. Le Capitaine Ngoyi Freddy est l’unique prévenu pour qui l’Auditeur général près la Haute Cour militaire a demandé l’acquittement.
« Selon les déclarations faites dans les procès-verbaux d’interrogatoire, le Major Paluku, Chef de Bureau Armement à la Force Terrestre, était désigné par le Colonel Lusenge pour sélectionner les armes et doter les militaires recrutés pour le coup d’État à Kinshasa. Tandis que le Major Kavira, Officier de renseignement, devait avec ses éléments, prendre le contrôle du Centre d’instruction de Kibomango en date du 08 septembre 2023. L’hôtel ‘Prince’ appartenant au prévenu Okende dans la commune de Bandalungwa à Kinshasa, a servi de cadre non seulement à la réunion des comploteurs, mais aussi à l’enregistrement du discours de prise de pouvoir », a rapporté l’armée dans son communiqué.
À la prochaine audience, la Haute Juridiction militaire accordera la parole aux avocats de la défense pour leurs plaidoiries.
Cette condamnation intervient alors qu’une trentaine d’officiers de l’armée ont été convoqués par l’inspection générale de l’armée dans le cadre d’une enquête suite à la débâcle des FARDC depuis Bunagana, à la suite des offensives des rebelles de l’AFC-M23.
Plusieurs autres officiers, dont l’ancien chef d’état-major le Lieutenant Général Tshiwewe et le chef de la maison civile le Général Franc Ntumba, ont été arrêtés pour tentative de coup d’État.
