Moïse Katumbi, président du parti Ensemble pour la République, a ouvert, le 12 août 2024 à Bruxelles, le premier conclave de sa formation politique depuis son exil. Cet événement, qui se tiendra du 12 au 14 août, réunit à Bruxelles les cadres et alliés du parti pour dresser le bilan d’une décennie d’opposition et préparer l’avenir.
Sous la houlette de Katumbi, le conclave rassemble des élus, des responsables régionaux et des partenaires politiques. Selon Olivier Kamitatu, porte-parole de Moïse Katumbi, ce rassemblement de trois jours a plusieurs objectifs clés, notamment l’évaluation de 10 ans de lutte dans l’opposition et le bilan des élections de 2023.
« Au programme du conclave : un bilan sans complaisance de la présidentielle, une revue des crimes d’État et de la délinquance politique du régime, les stratégies pour contrer la dérive autoritaire du pouvoir, la problématique de l’unité de l’opposition, la mobilisation massive des femmes et des jeunes, le renforcement de l’ancrage auprès des populations en détresse », a écrit Olivier Kamitatu.
Il sera également question, pour le parti, de restructurer l’organisation interne du parti, de fixer une nouvelle feuille de route politique et électorale, de consolider les alliances et l’ancrage territorial, et de se préparer pour les élections générales de 2028.
Les travaux se déroulent à huis clos dans un lieu sécurisé de Bruxelles, permettant ainsi à Katumbi et aux cadres vivant à l’étranger de participer pleinement.

Moïse Katumbi a déclaré que l’objectif principal est de « renforcer le parti, clarifier sa stratégie et se préparer à gouverner » face à un régime qu’il accuse de dérive autoritaire. Le choix de Bruxelles comme cadre de cette rencontre est symbolique, reflétant à la fois les contraintes d’exil de Katumbi et la volonté de mobiliser le réseau international du parti.
Les participants sont organisés en commissions thématiques qui traitent de l’organisation interne, des alliances politiques, de la communication, de la mobilisation citoyenne et des relations internationales. À l’issue de ces discussions, un plan d’action global sera adopté en plénière et communiqué publiquement.
Ce conclave représente un moment clé pour Ensemble pour la République dans un contexte sécuritaire et politique tendu en RDC, où l’opposition doit jouer son rôle de garde-fou du pouvoir en place.
« Dans un contexte de crise aiguë, d’insécurité généralisée, de pillage de nos ressources par une caste d’irresponsables au pouvoir, de train de vie scandaleux des institutions, de corruption endémique et d’injustice sociale entretenue par un régime de prédateurs, le message est clair : l’heure du sursaut national a sonné », a lâché Olivier Kamitatu, porte-parole de Moïse Katumbi.
Au-delà du bilan, le conclave constitue un test de cohésion interne et de capacité à se projeter vers 2028. L’exil de Katumbi, loin de freiner ses ambitions, semble se transformer en une plateforme de repositionnement stratégique, avec Bruxelles comme nouveau centre de gravité temporaire.

