L’Agence France-Presse (AFP) alerte sur la situation de ses collaborateurs restés à Gaza, livrés à eux-mêmes.
Dans un communiqué, l’agence prévient : « Sans intervention immédiate, les derniers reporters de Gaza vont mourir. »
Privés de nourriture, d’eau, de médicaments et de moyens de déplacement, les six journalistes pigistes de l’AFP qui couvrent toujours la guerre dans l’enclave palestinienne luttent désormais pour leur survie, et non plus seulement pour l’information.
Bashar, 30 ans, principal photographe de l’AFP à Gaza depuis 2024, confiait le 19 juillet :
« Mon corps est maigre, je n’ai plus la force de travailler. Pour la première fois, je me sens vaincu. »
Réfugié avec sa famille dans les ruines de leur maison, il partage le quotidien de milliers de Gazaouis privés de tout. Son frère aîné s’est effondré récemment à cause de la faim a dit l’AFP.
Ahlam, une autre pigiste de l’AFP, vit dans le sud de Gaza.
« À chaque fois que je quitte la tente pour couvrir un événement, je ne sais pas si je reviendrai vivante. Le plus dur, c’est le manque d’eau et de nourriture », témoigne-t-elle.

Sa phrase, « No food, no water, no home », devenue virale sur les réseaux sociaux, décrit une réalité macabre.
L’AFP insiste :
« Nous refusons de les voir mourir. Leur courage, consacré depuis de longs mois à informer le monde, ne les aidera pas à survivre. »
Depuis près de deux ans, la presse internationale est interdite d’accès à Gaza. Les pigistes de l’AFP, avec quelques autres journalistes locaux, sont les seuls à continuer de documenter les horreurs du conflit. Ils le font à pied ou en charrette, sans essence, ni sécurité.
« Circuler en voiture revient à devenir une cible », souligne l’agence France presse.
« Depuis 1944, nous avons perdu des journalistes en zone de guerre, mais jamais nous n’avons vu des collègues mourir de faim », martèle la SDJ de l’AFP.
L’agence appelle à une mobilisation urgente des autorités françaises, des institutions internationales et des ONG pour permettre l’évacuation humanitaire de ses collaborateurs.
« Je souhaite que M. Macron puisse m’aider à sortir de cet enfer », aurait confié Bashar avant de disparaître temporairement des radars.

