L’organisation Action et initiative de développement pour la protection de la femme et de l’enfant ( AIDPROFEN) a présenté, devant des acteurs humanitaires, le 10 juillet à Goma, les résultats d’une étude préliminaire sur la durabilité du retour des déplacés, suite à l’occupation de Goma par l’AFC-M23.
Au cours d’une séance de vulgarisation, les résultats ont révélé une situation alarmante pour les retournés de Nyiragongo, Rutshuru, Masisi et Beni, qui nécessite une attention immédiate des acteurs humanitaires.
L’étude menée en mai, en collaboration avec le PNUD et le HCR, révèle des défis majeurs.
32 % des enfants retournés sont non scolarisés, tandis que 19 % des ménages n’ont pas accès à une source d’eau potable.
Les abris des retournés, souvent détruits pendant leur séjour dans des camps, aggravent la crise humanitaire.
Pascal Mulindwa, chargé de projet à AIDPROFEN a souligné les dangers auxquels les retournés font face. « Des incidents sont fréquemment signalés lors des déplacements vers les puits, les marchés ou les champs. Ces incidents représentent 63 % des menaces rencontrées sur le terrain. »

Outre l’accès à l’eau potable, les infrastructures sanitaires demeurent insuffisantes. « Nous avons constaté que 88 % des centres de santé visités manquent de médicaments essentiels et de réactifs. De plus, 7 % de ces centres ont été endommagés par les conflits, » a ajouté Mulindwa.
L’accès aux terres agricoles et aux logements représente un autre obstacle majeur pour les retournés, rendant leur réintégration socio-économique encore plus complexe.
Isaac Kayaya, chargé de programme du PNUD à Goma, a affirmé que l’étude d’AIDPROFEN a permis de mieux comprendre les besoins des retournés. « Cette présentation marque le début d’une série d’interventions. Notre plan de réponse se concentre sur quatre piliers : la protection contre les violences sexuelles, la réhabilitation des abris et des services sociaux, la cohésion sociale, et la réhabilitation des infrastructures de base. »
Aidprof a également étudié les intentions de retour des personnes déplacées en transit dans des centres collectifs. L’étude révèle que 91 % des enquêtés souhaitent retourner dans leurs milieux d’origine, mais sont confrontés à des problèmes de logement et de réinsertion.
Face à cette crise, AIDPROFEN et ses partenaires appellent les organisations humanitaires à intensifier leurs efforts pour répondre aux besoins pressants des retournés.
La situation nécessite non seulement une aide immédiate, mais aussi des stratégies à long terme pour garantir un retour durable et sécurisé.

