Alors que la tension politique monte à l’approche de la mobilisation annoncée par le collectif C64 (Coalition Article 64), l’opposant Delly Sesanga a apporté son soutien à l’idée d’un départ anticipé du président Félix Tshisekedi, estimant que cette option relève des mécanismes prévus par la Constitution.
« La démission du chef de l’État fait partie des mécanismes prévus par la Constitution ; ce n’est pas un sujet tabou », a déclaré Delly Sesanga dans une réaction publiée sur ses réseaux sociaux ce jeudi.
Cette prise de position intervient dans un contexte de forte controverse autour du projet de réforme constitutionnelle adopté par le Parlement. Une partie de l’opposition accuse cette initiative de viser une remise à zéro du compteur des mandats présidentiels et d’ouvrir la voie à une éventuelle candidature de Félix Tshisekedi en 2028.
Les dirigeants du C64 dénoncent ce qu’ils qualifient de « coup d’État constitutionnel ».
Le collectif C64 appelle à une grande mobilisation nationale le 22 juillet 2026, avec comme principale revendication la démission du chef de l’État. À Kinshasa, les organisateurs prévoient une marche devant converger vers le Palais de la Nation, où un mémorandum devrait être remis.
Au-delà de la question constitutionnelle, l’opposition entend également dénoncer la gestion de la crise sécuritaire dans l’est du pays, les difficultés économiques et ce qu’elle considère comme une dérive institutionnelle du pouvoir.
Pour Delly Sesanga, figure de longue date de l’opposition congolaise, le débat ne doit pas être enfermé dans un tabou politique. Sa déclaration replace ainsi la question de la responsabilité présidentielle au centre du débat public.
La coalition présidentielle, notamment les responsables de l’Union sacrée, rejette fermement cette initiative. Ses membres jugent la demande de démission irréaliste, juridiquement infondée et dénoncent les divisions internes au sein de l’opposition.
Du côté du pouvoir, la réforme constitutionnelle est présentée comme un processus institutionnel soumis aux règles démocratiques, tandis que ses opposants y voient une manœuvre susceptible de bouleverser l’équilibre politique établi.
À quelques jours de la mobilisation annoncée, la RDC entre dans une nouvelle séquence de confrontation entre pouvoir et opposition. La position affichée par Delly Sesanga donne davantage de poids à une revendication qui dépasse désormais le simple rejet de la réforme constitutionnelle pour poser directement la question de l’avenir politique du président Félix Tshisekedi.

