Avec près de 2 000 cas confirmés et plus de 700 décès, l’organisation Médecins Sans Frontières (MSF) alerte sur la progression rapide de l’épidémie d’Ebola et appelle à un renforcement immédiat de la réponse médicale internationale en République démocratique du Congo.
L’épidémie actuelle, causée par le virus Bundibugyo, est déjà considérée comme la troisième plus importante jamais enregistrée et comme l’une des plus rapides en termes de progression.
En moins de cinq semaines, le nombre de cas confirmés est passé de 650 à près de 2 000, tandis que le nombre de décès a fortement augmenté, passant de 130 à plus de 700.
Selon MSF, cette évolution préoccupante est aggravée par des capacités de réponse insuffisantes, particulièrement dans les zones reculées où l’accès aux soins demeure limité.
« Chaque retard coûte des vies. Nous continuons à courir après l’épidémie au lieu de garder une longueur d’avance sur elle. De plus en plus de personnes sont infectées, de plus en plus de familles perdent des proches, et la situation devient de plus en plus difficile à maîtriser. Nous avons besoin d’une action internationale plus forte et mieux coordonnée pour agir plus rapidement et améliorer l’accès tant aux soins liés à Ebola qu’aux autres services de santé essentiels », alerte Trish Newport, responsable du programme d’urgence de MSF.
La province de l’Ituri, épicentre de l’épidémie, concentre environ 90 % des cas confirmés. Sur le terrain, les centres de traitement font face à une pression constante.
À Bunia, le centre Ebola d’Elikiya, doté d’une capacité de 90 lits, fonctionne presque en permanence à pleine capacité, obligeant certains patients à attendre avant d’être admis, une situation qui peut réduire leurs chances de survie.
Les équipes médicales constatent également une arrivée tardive des malades, souvent déjà dans un état critique, ce qui diminue considérablement leurs chances de guérison. Cette situation souligne l’importance d’un diagnostic précoce et d’un accès rapide aux soins.
« Nous ne pouvons pas continuer à faire face à l’épidémie avec les mêmes ressources limitées alors qu’elle continue de nous dépasser. Seule une réponse médicale solide, dotée de ressources suffisantes et adaptée à l’ampleur des besoins sur le terrain, peut empêcher cette épidémie de se transformer en une crise que nous ne serons plus en mesure de contenir », insiste MSF.
Au-delà de l’urgence liée à Ebola, cette crise sanitaire évolue dans un contexte complexe, marqué par l’insécurité persistante, les déplacements de populations et la présence d’autres maladies, notamment le choléra et le paludisme.
L’approche de la saison des pluies pourrait également accentuer la pression sur un système de santé déjà fragilisé.
Face à cette situation, MSF plaide pour un renforcement global des capacités de réponse, notamment en matière de surveillance, de dépistage, de prise en charge des patients et de mobilisation communautaire, tout en garantissant la continuité des autres services de santé essentiels.
Alors que l’épidémie poursuit sa progression, l’organisation estime que la rapidité et l’ampleur de la mobilisation internationale seront déterminantes pour éviter une crise sanitaire difficilement contrôlable en RDC.
Kethia Rugamika

