L’opposant congolais Olivier Kamitatu a vivement critiqué la gestion des finances publiques par le gouvernement congolais à la suite de la publication du rapport 2024-2025 de la Cour des comptes, qu’il présente comme un réquisitoire accablant contre les autorités.
Dans une analyse publiée lundi 23 Juin 2026, l’ancien président de l’Assemblée nationale estime que le document révèle de profondes faiblesses dans la gouvernance budgétaire du pays.
Selon lui, « il arrive un moment où un régime n’a plus besoin d’opposants : ses propres chiffres suffisent », affirmant que le rapport de la Cour des comptes constitue « un miroir » reflétant les dysfonctionnements de l’État.
Olivier Kamitatu, pointe notamment plus de 5,6 milliards de dollars de dépenses exécutées sous le régime de l’urgence en 2024. À ses yeux, « une urgence ponctuelle peut se justifier. Une urgence permanente est un aveu : l’État ne gouverne plus par la règle, mais par l’exception ».
L’opposant dénonce également des dépassements budgétaires qu’il évalue à environ 5,8 milliards de dollars, principalement au niveau des ministères. « On ne gouverne plus sous l’autorité de la loi de finances. On gouverne malgré elle », affirme-t-il, estimant que le budget de l’État est devenu « une simple formalité ».
Dans son analyse, Olivier Kamitatu s’interroge aussi sur l’existence de près de 1,89 milliard de dollars de dépenses hors budget. Selon lui, « quand l’État dépense hors budget, il ne viole pas seulement une procédure. Il prive le peuple de son droit fondamental : savoir où va son argent ».
Ce cadre du parti de Moïse Katumbi critique par ailleurs la gestion de la dette intérieure. Il évoque notamment des remboursements effectués « en urgence » ou « sans certification préalable », estimant que « la dette intérieure est devenue une boîte noire ».
Sur le plan social, il regrette les faibles niveaux de financement de secteurs prioritaires comme l’éducation, la santé et l’agriculture.
« Les secteurs qui portent la vie du peuple sont les moins financés », écrit-il, dénonçant ce qu’il qualifie de « mépris social organisé ».
Olivier Kamitatu s’inquiète également des difficultés rencontrées par la Cour des comptes dans l’exercice de sa mission. Selon lui, le fait que certains documents ne soient pas transmis à l’institution de contrôle constitue un obstacle majeur à la transparence. « Un régime qui empêche son propre juge financier de travailler ne cherche pas la transparence. Il cherche l’impunité », soutient-il.
L’opposant estime que le rapport met en lumière « une gouvernance hors contrôle », marquée selon lui par des dépenses exceptionnelles, des dépassements budgétaires massifs, des crédits non consommés malgré les besoins sociaux et des irrégularités dans la gestion de la dette publique.
Pour rappel, dans son rapport public 2024-2025, la Cour des comptes relève notamment plus de 5,6 milliards de dollars de dépenses effectuées sous le régime de l’urgence, près de 5,8 milliards de dépassements budgétaires, environ 1,89 milliard de dépenses hors budget ainsi que plusieurs irrégularités dans la gestion de la dette intérieure. L’institution déplore également la sous-financiation de secteurs clés tels que l’éducation, la santé et l’agriculture, tout en soulignant les difficultés rencontrées pour accéder à certains documents nécessaires à sa mission de contrôle des finances publiques.

