L’Alliance Fleuve Congo / Mouvement du 23 Mars (AFC/M23) a accusé les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et leurs alliés Wazalendo d’être responsables de pillages, de violences ciblées et de la propagation de discours de haine à Uvira, dans l’est de la RDC.
Dans un message publié sur le réseau social X, son porte-parole, Lawrence Kanyuka, affirme que ces exactions visent particulièrement des civils banyamulenge, dans un contexte de tensions persistantes malgré les engagements de cessez-le-feu.
Selon l’AFC/M23, la situation se serait dégradée immédiatement après son retrait d’Uvira.
« Malgré le respect scrupuleux par l’AFC/M23 de ses engagements, notamment le retrait effectif de la ville d’Uvira et le respect strict du cessez-le-feu, les forces coalisées du régime de Kinshasa ont occupé la ville aussitôt après notre départ », écrit Lawrence Kanyuka.
Il accuse une coalition composée des FARDC, des miliciens Mai-Mai Wazalendo, de la Force de défense nationale du Burundi et d’éléments armés non identifiés d’avoir plongé la ville dans « une spirale de violence et de peur ».
Le mouvement politico-militaire dénonce des « pillages systématiques », la « destruction délibérée d’habitations, d’églises et de commerces » ainsi qu’un « ciblage ethnique » des Banyamulenge, qualifiant ces actes de « politique de persécution et d’épuration ethnique assumée ».

L’AFC/M23 affirme également que les forces loyalistes ont multiplié les attaques contre ses positions dans les Hauts-Plateaux de Fizi, en violation du cessez-le-feu, et évoque d’autres affrontements récents à Kipese, dans le territoire de Lubero, ainsi qu’à Kasoko, en territoire de Masisi.
Ces accusations surviennent alors que les FARDC ont annoncé avoir repris, le dimanche 18 janvier 2026, le contrôle de la ville d’Uvira après le retrait de l’AFC/M23.
À Kinshasa, la Première ministre Judith Suminwa a réuni en urgence les autorités civiles et sécuritaires afin de coordonner une riposte humanitaire, sécuritaire et judiciaire.
« Le retour des institutions provinciales dépendra de la mise en place d’un dispositif de sécurité solide, garant d’une réinstallation effective des services de l’État », a déclaré le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya.
Sur le terrain, l’incertitude demeure. À Uvira comme dans les Hauts-Plateaux de Fizi, la situation reste volatile, tandis que l’AFC/M23 alerte sur une crise humanitaire qu’il qualifie de « sans précédent ».
« Des milliers de compatriotes banyamulenge sont aujourd’hui contraints à l’exil interne, privés de protection, de dignité et de moyens de subsistance, et ont un besoin urgent d’une assistance humanitaire immédiate », affirme Lawrence Kanyuka.

