Les avions de chasse Sukhoi-25 des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) ont de nouveau bombardé ce lundi 15 décembre 2025 la localité de Gahwera/Mikenke, près de Minembwe, dans les Hauts-Plateaux du Sud-Kivu. Selon des sources locales, les frappes ont également touché le village de Rwitsankuku, faisant de nombreux morts, tandis que d’autres frappes ont causé des dommages matériels à Mubavusha et Rugezi.
L’Alliance Fleuve Congo/M23 (AFC-M23) affirme que certains drones congolais utilisés dans ces frappes sont partis du Burundi. Dans un communiqué, Lawrence Kanyuka, porte-parole de l’AFC-M23, a dénoncé un « plan d’extermination ciblant nos compatriotes banyamulenge ».
« Ce lundi 15 décembre 2025, les forces coalisées du régime de Kinshasa et leurs alliés poursuivent sans relâche un plan d’extermination. Les villages de Minembwe subissent des bombardements par drones, entraînant la mort de civils et le déplacement forcé de nombreuses familles innocentes », a-t-il déclaré.
Selon des témoignages rapportés par Moïse Nyarugabo, député honoraire d’Uvira et notable du Sud-Kivu, les frappes de ce week-end ont touché plusieurs villages habités exclusivement par des civils, sans ligne de front : Mikenke le vendredi 12 décembre, Rugezi et Karege le samedi 13 décembre, et Rwitsankuku le dimanche 14 décembre à 11h30, alors que la population participait au culte.
Moïse Nyarugabo s’est interrogé sur la responsabilité internationale et la protection des civils : « Pourquoi le Conseil de sécurité reste-t-il silencieux alors que des civils sont bombardés et que des militaires étrangers traversent le lac pour rejoindre Baraka en territoire de Fizi ? » a-t-il écrit.
Ces événements interviennent dans un contexte de tensions croissantes dans la région des Hauts-Plateaux et particulièrement dans le territoire d’Uvira, au Sud-Kivu.
Après de violents combats entre l’armée congolaise et ses alliés et les combattants du M23, la localité de Makobola et ses environs sont passés, dimanche, sous le contrôle de l’AFC/M23. Le mouvement tente désormais de progresser vers Mboko, situé à 55 kilomètres au sud-ouest d’Uvira.
Le Cardinal Fridolin Ambongo a tenu les protagonistes responsables du conflit dans l’Est de la RDC. À la clôture de la 15ᵉ Assemblée plénière de l’ACEAC dimanche, regroupant les conférences épiscopales du Burundi, de la RDC et du Rwanda, il a déclaré que si les appels de la CENCO et de l’ECC au dialogue, avaient été entendus, notamment après la prise de Bunagana par le M23, de nombreuses vies auraient pu être épargnées.

