L’administrateur du territoire de Fizi alerte sur la situation humanitaire critique dans son entité.
Se confiant à KMP, Samy Kalonji Badibanga indique que plus de 300 000 personnes sont aujourd’hui des déplacés internes, chassés de leurs villages, tandis que d’autres sont arrivées depuis la prise de Bukavu par l’AFC-M23 et les affrontements persistants dans les hauts plateaux entre le Red Tabara et d’autres groupes armés actifs occupant une partie du territoire.
Ce chiffre alarmant a été communiqué ce jeudi par Samy Kalonji.
D’après l’administrateur territorial de Fizi, les autorités provinciales doivent accélérer l’acheminement de l’aide humanitaire, car la population déplacée fait face à des problèmes sanitaires de plus en plus graves. Le manque de soins, d’eau potable et l’insécurité permanente dégradent rapidement les conditions de vie, alors que les combats se poursuivent et que les déplacements s’intensifient.
Samy Kalonji prévient que, sans aide humanitaire, la situation pourrait basculer dans une crise majeure. « Les affrontements récurrents dans les hauts plateaux, l’occupation d’une partie du territoire par le Red Tabara et Gumino pro-M23 affectent la situation humanitaire de nombreux déplacés. »

Depuis le 31 octobre 2025, date de la reprise des affrontements, le territoire de Fizi compte 363 830 déplacés internes. Une partie d’entre eux est hébergée dans des sites d’accueil, soit 9 280 personnes. Seuls les hauts plateaux comptent 157 239 personnes ayant fui les violences.
Les zones de santé de Nundu, dans le groupement Babugwe Nord, secteur de Tanganyika, et celle de Kimbi-Lulenge, en groupement de Bashi Mimbi, secteur de Lulenge, accueillent actuellement 35 000 nouveaux déplacés venus des hauts plateaux.
L’insécurité persistante entraîne des déplacements massifs répétés, l’abandon des champs et limite l’accès aux terres arables, aggravant l’insécurité alimentaire dans le territoire où 25 % de la population est déjà affectée.
La sur-militarisation du territoire, les difficultés d’accès dans les zones occupées par le M23 et la prolifération des barrières payantes empêchent l’acheminement de l’aide humanitaire et le retour des déplacés, exposant particulièrement les femmes et les jeunes filles à des violences sexuelles avec de graves conséquences sanitaires.

