L’Alliance Fleuve Congo/M23 a présenté ce jeudi 20 novembre 2025 à Goma, devant la presse, l’économie générale de l’accord-cadre signé le 15 novembre à Doha avec le gouvernement congolais. Le mouvement a dénoncé la reprise des hostilités dans le territoire de Masisi, au Nord-Kivu.
Le chef de la délégation et secrétaire permanent de l’AFC/M23, Benjamin Mbonimpa, a estimé que « la crise que traverse notre pays ne se limite pas à l’Est », affirmant que « la RDC vit dans un état quasi comateux : l’armée, la police, l’administration, la justice et la gouvernance sont fragilisées comme jamais auparavant ».
Il a indiqué que l’accord de Doha devait servir de base pour « repenser l’État depuis ses fondations ».
Selon lui, le texte signé repose sur cinq volets : le préambule, l’introduction, les protocoles, les mécanismes de mise en œuvre et de résolution des différends, ainsi que les dispositions finales.
Mbonimpa a rappelé que le préambule se réfère à la Déclaration de principes du 19 juillet 2025, notamment la libération des détenus, la reconnaissance des causes profondes du conflit et l’engagement en faveur du dialogue soutenu par la CAE, la SADC et l’Union africaine.
« Le premier acquis a été le cessez-le-feu. Malheureusement, le gouvernement a relancé des offensives généralisées, comme nous le dénonçons régulièrement », a-t-il déclaré, évoquant également « des violations aujourd’hui près de Katoyi et Luke dans le Masisi ».

L’AFC/M23 précise que deux protocoles ont été signés : la libération des prisonniers (14 septembre 2025) et les mécanismes de surveillance et de vérification (14 octobre 2025).
« Mais aucun prisonnier n’a été libéré et le cessez-le-feu continue d’être violé », a affirmé Mbonimpa.
Les six autres protocoles — accès humanitaire, protection judiciaire, rétablissement de l’autorité de l’État, réformes de gouvernance, dispositions transitoires de sécurité et DDR — n’ont pas encore été négociés.
« Nous n’avons donc pas encore entamé la négociation d’un accord de paix global », a-t-il précisé.
Sur la question identitaire, il a indiqué que les parties ont convenu de garantir le retour sûr et digne des réfugiés, avec l’appui du HCR et dans le respect de la Constitution.
Il a aussi insisté sur les engagements liés à la relance économique, aux services sociaux, à la réintégration des ex-combattants et à la création d’une Commission nationale indépendante Vérité et Réconciliation, intégrée au cadre signé.
Concernant la mise en œuvre, Mbonimpa a rappelé que « les désaccords doivent être réglés à l’amiable » et que toute modification du cadre exige l’accord des deux parties.
Pour sa part, Yanick Tshibola, directeur de cabinet de la Coordination politique de l’AFC/M23, a lié la situation sécuritaire aux conditions de réouverture de l’aéroport de Goma.
« La réouverture de l’aéroport de Goma est indissociable des mesures de rétablissement de la confiance prévues dans l’accord de Doha », a-t-il affirmé.
Selon lui, « la reprise du trafic aérien dépend du respect mutuel et de la bonne foi pour protéger la population et permettre l’acheminement de l’aide humanitaire ».

