L’AFC-M23 a ouvert un nouveau front dans le Sud-Kivu. Dimanche 16 novembre, les combattants du mouvement ont pris le contrôle du village de Maimingi, dans le territoire de Shabunda, à l’issue d’une attaque surprise contre les Forces armées de la RDC (FARDC) appuyées par les Wazalendo.
Selon les sources locales, les forces régulières ont opposé une première résistance avant de se replier vers Kimbili. Le centre de santé de Nyalubemba, dans cette localité, accueille depuis dimanche un afflux de blessés civils et militaires, dépassant largement ses capacités.
La chute de Maimingi marque un tournant. Situé à la frontière du territoire de Walungu, entièrement sous contrôle de l’AFC-M23, ce village représentait jusqu’ici un verrou stratégique pour l’armée congolaise.
Avec cette progression, l’AFC-M23 s’implante pour la première fois dans Shabunda, dernier territoire du Sud-Kivu où elle n’était pas encore présente militairement.
La société civile évoque déjà des déplacements massifs, plusieurs milliers d’habitants ayant fui la zone durant le week-end. À Kimbili, la panique gagne la population, qui redoute une avancée vers d’autres localités.

Depuis début 2025, la rébellion contrôle la ville de Bukavu et n’a cessé d’étendre son emprise vers l’intérieur de la province. L’offensive de Maimingi confirme, selon les acteurs locaux, une volonté de consolider cette expansion malgré les discussions politiques en cours.
La nouvelle incursion intervient alors que Kinshasa et l’AFC-M23 ont signé, le 15 novembre à Doha, un accord-cadre visant une paix durable dans l’est de la RDC sous médiation qatarie.
Ce document, non contraignant, engage toutefois les deux parties à poursuivre les pourparlers sur plusieurs protocoles clés, notamment la fin des hostilités, le retour de l’autorité de l’État et le respect du droit international humanitaire.
Le texte réaffirme la souveraineté de la RDC et prévoit un déploiement progressif des institutions nationales dans les zones tenues par la rébellion. Les modalités précises, calendrier, mécanismes d’exécution et rôle des autorités locales, doivent encore être discutées dans les semaines à venir.
Alors que la signature de Doha était saluée comme un pas vers l’apaisement, l’offensive de Maimingi vient souligner la fragilité du processus.
Dans le Sud-Kivu, la société civile s’inquiète d’une possible escalade et appelle les médiateurs internationaux à garantir le respect des engagements pris.

