Le procès de l’ancien chef rebelle congolais Roger Lumbala s’est ouvert ce mercredi 12 novembre 2025 au Palais de justice de Paris. L’ex-dirigeant du Rassemblement congolais pour la démocratie nationale (RCD-N) est jugé, en vertu du principe de compétence universelle, pour des crimes contre l’humanité présumés commis dans l’est de la RDC au début des années 2000.
Mais à la surprise générale, Roger Lumbala a claqué la porte de la justice française, récusant ses avocats alors que la défense contestait encore la compétence du tribunal.
Selon RFI, l’accusé s’est montré particulièrement combatif :
« Je considère la France comme incompétente pour me juger. Je considère la procédure inéquitable. Je récuse mes avocats. Je refuse d’être représenté par un autre avocat. Je refuse de comparaître et je demande de me retirer de la salle d’audience. »

Le président de la Cour a alors commis d’office Maître Hugues Vigier, membre du collectif de défense, qui a décliné, estimant qu’il ne pouvait représenter un homme contre sa volonté.
Lumbala a ensuite dénoncé une justice « totalement française » :
« Vous n’avez jamais été au Congo, vous n’avez pas mené d’enquête en RDC. Faites la justice comme vous le souhaitez, condamnez-moi comme vous le souhaitez, mais je ne veux pas participer à cette parodie de justice. »
Pour Me Tshibangu Kalala, la récusation des avocats s’inscrit dans la stratégie de la défense visant à contester la légitimité de la France à juger Roger Lumbala.
L’audience a été suspendue et reprendra ce jeudi 13 novembre.
Des organisations de défense des droits humains estiment que ce procès constitue un signal fort contre l’impunité des auteurs présumés de crimes en RDC.

