Des centaines de milliers d’habitants de l’agglomération de Minembwe, en territoire de Fizi, sont descendus dans les rues le mardi 4 novembre 2025. Ces habitants, majoritairement membres de la communauté Banyamulenge, dénoncent le blocus humanitaire et les attaques de l’armée burundaise contre les villages Banyamulenge dans cette partie de la province du Sud-Kivu.
Depuis plusieurs mois, le haut plateau fait face à des tensions sécuritaires suite aux combats entre le groupe d’autodéfense banyamulenge, allié aux rebelles de l’AFCM23, et l’armée congolaise, alliée aux troupes burundaises et aux milices maimai dites wazalendo.
Face aux offensives de l’armée burundaise, qui aurait plus de 10 bataillons dans la zone, l’accès et la sortie de Minembwe sont quasiment impossibles. Selon la société civile, il est difficile de s’approvisionner en médicaments et en produits de première nécessité.
« L’utilisation de la famine comme méthode de guerre est strictement interdite (Règle 53). De la même manière, dans le statut de la Cour pénale internationale, le fait d’affamer délibérément des civils comme méthode de guerre constitue un crime de guerre dans les conflits armés », a déclaré les organisations de la société civile (OSC), chefs coutumiers et femmes d’Uvira, Fizi, Mwenga dans leur déclaration.

Ces organisations ont appelé à la levée immédiate du blocus et au rétablissement d’un couloir humanitaire sécurisé sous une supervision internationale neutre et impartiale.
« Retrait effectif, sans délai et sans condition des forces armées burundaises des territoires de Fizi, Mwenga et Uvira, et organisation et sécurisation du retour des personnes déplacées internes dans leur milieu d’origine », a déclaré Mufashi Santos, président de la société civile de Minembwe.
Hier, mardi, des combats violents ont éclaté de nouveau aux alentours de Mikenge et Biliamboli, dans le territoire de Fizi. Pour l’heure, aucun bilan n’est disponible. Les autorités congolaise et burundaise n’ont pas encore réagi face à cette manifestation.

