Les points de vue divergents au sein de la classe politique congolaise suite à l’invitation de la Fondation Thabo Mbeki à participer au Dialogue africain sur la paix et la sécurité, prévu du 3 au 6 septembre en Afrique du Sud.
Le président Félix Tshisekedi a insisté sur la nécessité d’un dialogue national conduit exclusivement par les Congolais et a rejeté toute forme de facilitation étrangère. Il a exprimé sa confiance dans les travaux de paix de Doha et Washington, visant à mettre fin au conflit à l’Est du pays.
Pour sa part, l’opposant Martin Fayulu, président de l’ECIDé, a rejeté l’invitation, dénonçant un manque de clarté sur l’agenda et la composition des panels.
Fayulu a salué l’engagement de Thabo Mbeki tout en exprimant « une certaine perplexité » face au manque de transparence, rappelant qu’un processus de dialogue national inclusif est déjà en préparation en RDC. Il a insisté sur la nécessité de prioriser cette initiative endogène.
En revanche, Jean-Marc Kabund, président de l’Alliance pour le Changement et opposant farouche à Félix Tshisekedi, a choisi d’y participer, estimant que c’est une occasion de porter la voix du Congo sur la scène africaine.
Jean-Marc Kabund a confirmé sa présence en Afrique du Sud, considérant que « toute occasion de discuter des défis sécuritaires du Congo doit être saisie ».

Le parti de l’opposition Ensemble pour la République de Moïse Katumbi a également répondu positivement à l’invitation. De même, le parti Envol de Delly Sesanga et LGD de Matata Ponyo ont confirmé leur participation, affirmant leur autonomie politique.
Lors d’un point de presse tenu à Goma le 1er septembre 2025, le coordonnateur du mouvement Alliance Fleuve Congo/M23 a annoncé avoir délégué « une très forte délégation du mouvement en Afrique du Sud pour répondre à l’invitation de la Fondation Mbeki ». D’après Corneille Naanga, il ne s’agit pas d’un dialogue politique en Afrique du Sud, mais d’un cadre de réflexion sur les crises politiques et sécuritaires en Afrique, notamment en RDC, pour le retour de la paix.
Corneille Naanga précise que cette initiative n’est pas nouvelle, car elle a toujours été organisée par la fondation Mbeki avec d’autres acteurs de plusieurs pays du continent, et regrette la diabolisation de cette initiative par « le régime illégitime de Kinshasa ».
Cette divergence illustre la division de l’opposition congolaise sur les stratégies à adopter face à la crise politique et sécuritaire persistante en République Démocratique du Congo.

