Le commandant de la 22ᵉ région militaire des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), le général de brigade Eddy Kapend, a ordonné à ses troupes de se placer en “alerte maximale” dans le Haut-Katanga, selon un message opérationnel militaire consulté jeudi par Kivu Morning post.
Dans ce télégramme classé “NCL” (niveau confidentiel limité), le haut gradé instruit ses subordonnés de “mettre en alerte maximale vos unités respectives” et de sécuriser en priorité des points stratégiques tels que “vos magasins d’armement, prison, aéroport Luano, camp Kibati, RTNC, banques, résidence du président de la République, mairie de ville et autres points stratégiques”.
Les positions avancées aux entrées routières de Kasenga, Kasumbalesa, Likasi et Kipushi devront être placées sous “surveillance renforcée”, tandis que “tout mouvement suspect” devra être immédiatement signalé, selon le texte.
Le télégramme, signé par le général Kapend et adressé aux commandants de grandes unités de la région, insiste également sur la réduction des “mouvements militaires sous vos ordres” et l’activation du “service de renseignement” pour collecter et transmettre toute information pertinente.

Le document ordonne enfin au 13e régiment blindé de “mettre en état opérationnel l’arsenal d’armement” et d’exécuter ces mesures “sans faille”.
Ce renforcement intervient dans un contexte sécuritaire préoccupant dans l’est de la RDC, avec des risques d’expansion du conflit vers le Centre-Sud, impliquant le Grand Katanga.
Le ministère des Affaires étrangères de Belgique a déconseillé tous les voyages non essentiels vers la RDC depuis le 7 août 2025. La situation sécuritaire s’est dégradée, surtout dans l’Est du pays, notamment dans les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu, de l’Ituri et du Tanganyika, touchées par des conflits armés. La Belgique met également en garde contre l’insécurité croissante dans le Haut-Katanga, Lualaba et Haut-Lomami. Les Belges présents en RDC doivent faire preuve de prudence, éviter les rassemblements et suivre les conseils de l’ambassade. Les États-Unis ont également maintenu la RDC dans leur catégorie de risque maximal.
La RDC fait face à des menaces sécuritaires croissantes avec une centaine de groupes armés actifs dans l’est du pays. La résurgence de l’AFC-M23, accusé d’être soutenu par le Rwanda, un mouvement armé qui contrôle de vastes territoires au Nord-Kivu depuis 2022, accentue la menace sécuritaire dans l’est de la RDC.

