Les États-Unis ont annoncé mercredi des sanctions économiques contre la Coalition des Patriotes Résistants Congolais Force de Frappe (PARECO-FF), accusée d’exploiter illégalement des mines et d’imposer des taxes dans la zone stratégique de Rubaya, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC).
Située dans le territoire de Masisi (Nord-Kivu), Rubaya est une vaste zone minière recelant du coltan, de la cassitérite et de la wolframite, indispensables à la fabrication d’équipements électroniques modernes. Washington accuse la PARECO-FF d’y maintenir un contrôle armé, en imposant des systèmes de taxation informels aux creuseurs artisanaux et aux négociants, alimentant ainsi son appareil militaire.
Le Département du Trésor américain a indiqué que ces sanctions gèlent les avoirs potentiels du groupe aux États-Unis et interdisent toute transaction avec des entités ou ressortissants américains.
Joint par Kivu Morning Post, le porte-parole de la PARECO-FF, Innocent Kibindi, a rejeté toute légitimité aux mesures américaines et accusé l’Alliance FleuveCongo (AFC-M23) de violer le cessez-le-feu signé le 19 août 2025 à Doha avec le gouvernement congolais.

« Trois jours après la signature de l’accord, les troupes du M23 ont attaqué nos positions à Katobotobo, Luke, Mushaki, Bulora et dans d’autres localités, forçant les populations civiles à fuir », a-t-il déclaré.
Selon lui, ces attaques se poursuivent “dans plusieurs groupements du Masisi, en violation flagrante du cessez-le-feu”.
Le territoire de Masisi, au cœur du Nord-Kivu, est l’un des foyers les plus instables de la RDC, où se mêlent rivalités ethniques, enjeux fonciers et un contrôle acharné des ressources minières.
Les sanctions américaines interviennent alors que les rebelles de l’AFC-M23 mènent des combats contre la collation des groupes armés pro-gouvernement dans le territoire de Masisi entre autres la PARECO-FF.
La zone minière de Rubaya est actuellement, essentiellement, contrôlée par l’AFC-M23.
Les humanitaires alertent sur une aggravation de la crise, avec des milliers de déplacés supplémentaires ces dernières semaines dans le Masisi.

