Le Conseil national de suivi de l’Accord (CNSA) a exprimé mercredi 30 juillet sa vive inquiétude face à l’ouverture du procès devant la Haute Cour militaire visant l’ancien président Joseph Kabila Kabange. Il a appelé à la suspension immédiate de la procédure, dans un souci d’apaisement et de cohésion nationale.
Le CNSA estime que ce procès est « inopportun » en pleine période de tension politique et sociale. Il prévient que cette action judiciaire risque de « fracturer la Nation », éloignant davantage les Congolais des objectifs du dialogue national inclusif en préparation.
« C’est avec amertume et consternation que les Congolais assistent à l’effondrement de l’espoir né en 2019 de la première alternance pacifique », écrit l’organe dans son communiqué, dénonçant la montée de l’intolérance, le recul des libertés, les déplacements de populations et la résurgence des rébellions.

Le CNSA appelle à un « dépassement » entre le président en exercice Félix Tshisekedi et son prédécesseur Joseph Kabila, les invitant à « penser aux souffrances de la population » et à préserver les futures alternances démocratiques dans le pays.
Le Conseil propose que toutes les questions relatives à cette affaire soient versées à l’ordre du jour du dialogue national, afin que les décisions soient prises « dans l’intérêt supérieur de la Nation ».
Par ailleurs, le CNSA a réaffirmé sa volonté de poursuivre la mission de rapprochement entre Kinshasa et Goma, malgré des contraintes budgétaires, et a autorisé une délégation restreinte à se rendre sur le terrain.
Concernant les pourparlers de Doha, l’organe constate une divergence croissante entre les déclarations de principe signées et les discours des parties prenantes, ce qui, selon lui, fragilise les engagements pris dans le cadre de la paix à l’Est.

