Le ministre de la Justice de la République Démocratique du Congo, Constant Mutamba, été informé par le procureur général près la Cour de cassation de la clôture de la procédure de sa mise en examen dans une affaire de détournement de fonds alloués à la construction d’une prison à Kisangani, dans la province de Tshopo. Cette annonce a été relayée dans une correspondance signé le 11 juin 2025.
Dans cette lettre, signée par Simon Nyandu, avocat général honoraire et directeur de cabinet du procureur général, il est stipulé : « L’instruction préjuridictionnelle dans cette cause, où vous êtes poursuivi pour détournement de deniers publics, est clôturée en ce qui vous concerne. » Le document invite également Mutamba à « garder sa sérénité pour la suite de la procédure », soulignant ainsi la nécessité d’un respect strict du cadre légal.
Dans un contexte de tensions croissantes, Firmin Mvonde, procureur général, intensifie ses efforts pour obtenir l’autorisation de poursuivre Mutamba pour des allégations de détournement. En réaction, le ministre a déposé une récusation, qualifiant la situation de “chasse à l’homme” alimentée par un conflit personnel avec le procureur.

Dans sa récusation, Constant Mutamba évoque des accusations de « partialité, règlement des comptes politiques, acharnement et conflit direct » à l’encontre du Procureur général et des magistrats sous son autorité.
Actuellement, le ministre de la Justice fait face à une inculpation formelle. Le procureur général a saisi l’Assemblée nationale pour obtenir l’autorisation de le poursuivre. Si cette autorisation est accordée, Mutamba disposera de 24 heures pour démissionner avant le début de son procès devant la Cour de cassation.
Alors que le pays traverse une période de turbulences judiciaires, les yeux sont tournés vers l’Assemblée nationale, qui devra statuer sur cette affaire délicate avant la clôture de la session parlementaire de mars d’ici le juin.

