Arrivé lundi à Kinshasa, Karim Khan, Procureur général de la Cour pénale internationale (CPI), a adressé un message clair aux acteurs de la violence en République Démocratique du Congo (RDC). Dans une déclaration solennelle, il a affirmé que « tout groupe armé, toute force armée, tous les alliés des groupes armés n’ont pas un chèque en blanc ».
Il a souligné que l’impunité doit prendre fin et que la loi internationale doit être rigoureusement appliquée pour garantir la justice, quelle que soit la position des responsables.
Cette prise de position intervient alors que la RDC fait face à une insécurité chronique, notamment dans l’est du pays, où plusieurs groupes armés, tant locaux qu’étrangers, sont responsables de graves violations des droits humains, y compris des massacres, des viols et des enlèvements. Karim Khan a rappelé le rôle essentiel de la CPI dans la lutte contre l’impunité, en affirmant que les responsables des crimes de guerre, des crimes contre l’humanité et du génocide doivent être tenus pour responsables.
Le Procureur a insisté sur le fait que « la justice n’a pas de frontières » et que les lois internationales s’appliquent à tous, sans exception. « La loi doit être effective et appliquée de manière juste et équitable », a-t-il ajouté.

Cette déclaration s’inscrit dans la volonté de la CPI de renforcer la coopération avec les autorités congolaises afin de traduire en justice ceux qui commettent des atrocités, qu’ils soient membres de groupes armés ou de forces gouvernementales.
La visite de Karim Khan coïncide avec une intensification des violences dans l’est de la RDC, notamment dues aux activités des Forces Démocratiques Alliées (ADF) et d’autres groupes rebelles. Ces violences ont causé un nombre tragiquement élevé de victimes civiles, suscitant l’inquiétude croissante de la communauté internationale et des autorités congolaises face à l’incapacité à endiguer ces horreurs.
En marge de sa visite, Karim Khan a rencontré des responsables politiques et judiciaires congolais pour discuter des moyens de renforcer la coopération entre la CPI et la RDC dans la poursuite des crimes graves. Il a affirmé que la Cour continuerait de soutenir le pays dans ses efforts pour traduire en justice les responsables, tout en appelant à une amélioration des mécanismes judiciaires nationaux pour que les autorités locales puissent également jouer leur rôle.






