Au moins neuf agents de la Police nationale congolaise (PNC) participent, depuis début octobre, à une formation spécialisée sur les techniques d’enquête en matière de violences sexuelles. Cet atelier, organisé par la Police de la MONUSCO (UNPOL), se déroule à Fataki, à 60 km de Bunia, chef-lieu de la province de l’Ituri.
Jusqu’au 10 octobre prochain, ces neuf policiers, dont une femme, venus des localités de Fataki et Djugu, bénéficient d’une formation axée sur la préparation et l’animation de sessions de formation, l’andragogie (la science de la formation des adultes poursuivant des objectifs personnels), ainsi que les techniques d’animation et de gestion de groupes, précise Jean Tobi Okala, l’un des porte-parole de la MONUSCO dans l’est de la RDC.
L’objectif principal de cette formation est de qualifier ces policiers en tant que formateurs, capables à leur tour de former d’autres Officiers de Police Judiciaire (OPJ) spécialisés dans la lutte contre les violences sexuelles et basées sur le genre, selon notre source.

Il est important de noter que le territoire de Djugu ne subit pas uniquement les conséquences des violences armées perpétrées par des groupes rebelles, mais est également fortement touché par les violences sexuelles basées sur le genre, dont les principaux auteurs sont des miliciens, mais aussi des civils et, parfois, des membres des forces de sécurité.
Cette formation vise donc à apporter une réponse concrète à ce fléau. En renforçant les compétences de la Police en matière d’enquêtes sur les violences sexuelles, l’objectif est de mieux identifier et poursuivre en justice les auteurs de ces crimes. Toutefois, l’expertise technique à elle seule ne suffira pas à éradiquer ce phénomène. La coopération active de la population, ainsi que le courage des victimes à dénoncer ces actes et à briser la loi du silence, seront essentiels pour lutter efficacement contre ces pratiques, souvent enveloppées dans des “arrangements à l’amiable”.












