Le président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, a annoncé, ce 17 juillet, l’ouverture prochaine d’un dialogue national inclusif, apaisé et résolument républicain, destiné à renforcer la cohésion nationale dans le strict respect des institutions et de la Constitution.
Cette initiative, dévoilée à l’issue d’une rencontre avec les responsables de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), de l’Église du Christ au Congo (ECC) et de l’Église de Réveil du Congo (ERC), intervient dans un contexte de fortes tensions politiques à quelques jours d’une mobilisation annoncée de l’opposition à Kinshasa.
À la sortie de l’audience, le cardinal Fridolin Ambongo, archevêque métropolitain de Kinshasa, a confirmé le changement de cap du chef de l’État.
« Le chef de l’État a levé l’option d’engager notre pays dans un dialogue entre les fils et les filles du pays », a-t-il déclaré, précisant qu’une feuille de route détaillant les modalités du processus sera rendue publique prochainement. « Nous nous réjouissons de cette annonce et exprimons notre gratitude au Chef de l’État », a ajouté le prélat.
Cette décision répond à une revendication portée depuis plusieurs mois par les principales confessions religieuses, qui plaident pour une concertation nationale afin de désamorcer les crispations liées à la dégradation de la situation sécuritaire dans l’Est du pays, aux tensions politiques et aux controverses autour d’un éventuel changement de la Constitution.
L’annonce présidentielle intervient alors que la Coalition Article 64 (C64), qui rassemble plusieurs figures majeures de l’opposition, dont Martin Fayulu, Moïse Katumbi, Jean-Marc Kabund, Augustin Matata Ponyo et Delly Sesanga, maintient son appel à une grande marche pacifique suivie d’un sit-in le 22 juillet à Kinshasa.
Les organisateurs prévoient une convergence des manifestants vers le Palais de la Nation afin d’y déposer un mémorandum.
La coalition affirme vouloir s’opposer à toute révision de la Constitution susceptible, selon elle, de remettre en cause la limitation des mandats présidentiels.
Elle entend également dénoncer la crise sécuritaire persistante dans l’Est, la détérioration des conditions de vie et réclamer la démission du président Félix Tshisekedi.
Le climat demeure particulièrement sensible, d’autant que l’Union sacrée de la Nation (USN), plateforme soutenant le chef de l’État, a également annoncé une mobilisation le même jour, faisant craindre une montée des tensions dans la capitale.
Le choix du dialogue annoncé par Félix Tshisekedi s’inscrit dans la continuité des initiatives de médiation engagées au niveau régional.
Au début du mois de juillet, le président burundais Évariste Ndayishimiye, président en exercice de l’Union africaine, avait réuni à Bujumbura les représentants de la CENCO, de l’ECC, de l’ERC ainsi que les dirigeants de la Coalition Article 64.
À l’issue de ces consultations, les différentes parties avaient convergé sur la nécessité d’un dialogue national inclusif pour sortir de l’impasse politique.
L’annonce du chef de l’État pourrait ainsi ouvrir une nouvelle séquence politique en RDC. Reste désormais à connaître les contours de la feuille de route annoncée et à savoir si les différentes forces politiques, sociales et religieuses accepteront de participer à un processus présenté comme le cadre privilégié pour rechercher un consensus national et préserver la stabilité institutionnelle du pays.

