Au quartier Katoy, dans la commune de Karisimb, à Goma, le marché Gachaba n’a plus la même ambiance ces derniers jours.
Les étals de petits bétails attirent toujours les clients, mais les discussions tournent désormais autour d’un même sujet : la flambée du prix des chèvres.
Une hausse qui pèse lourdement sur les ménages de Goma, particulièrement lors des cérémonies familiales où la viande de chèvre reste très demandée.
Sur place, les acheteurs constatent une augmentation spectaculaire des prix. Une chèvre autrefois vendue autour de 80 dollars américains se négocie aujourd’hui jusqu’à 150 dollars, soit une hausse de plus de 30 dollars par rapport aux prix habituels.
« Avant, avec 80 dollars, on pouvait acheter une bonne chèvre. Aujourd’hui, on nous demande 150 dollars. On est obligés de payer parce qu’il y a des cérémonies auxquelles nous devons participer, mais c’est vraiment lourd pour nous », témoigne Jonathan Muhindo, un acheteur rencontré au marché Gachaba.
Cette nouvelle réalité oblige plusieurs familles à revoir leurs priorités. Certains clients affirment réduire leurs dépenses ou chercher d’autres alternatives comme le poulet et le poisson pour les événements sociaux.
Chez les vendeurs, cette flambée n’est pas liée à une volonté d’augmenter les prix, mais plutôt à la baisse de l’offre. Ils expliquent que l’approvisionnement habituel en provenance du Rwanda connaît des perturbations.
« Le prix a pris l’ascenseur, mais cela ne dépend pas de nous. Nous avons des difficultés à recevoir les bêtes du Rwanda. Une maladie a récemment touché les petits bétails là-bas et les services vétérinaires sont en train de gérer la situation. C’est ce qui explique cette rareté », explique Bilali Désiré, vendeur au marché Gachaba.
En attendant un retour à la normale des approvisionnements, les acteurs du marché espèrent une amélioration rapide de la situation sanitaire afin de permettre une reprise des échanges avec le Rwanda.
Pour les consommateurs, le souhait reste le même : retrouver des prix accessibles pour continuer à répondre aux besoins des familles et des communautés.
Sofia Wilondja

