La Direction générale des impôts (DGI) a procédé, vendredi 10 juillet 2026, à la mise sous scellés du site de Mutanda Mining (MUMI), dans la province du Lualaba. Cette mesure intervient au lendemain de la fermeture administrative de Kamoto Copper Company (KCC), deux filiales du groupe minier suisse Glencore opérant en République démocratique du Congo.
Selon les autorités, cette décision s’inscrit dans le cadre d’un contentieux fiscal évalué à 6,8 milliards de dollars américains par le ministère des Finances. L’État congolais reproche aux sociétés concernées des manquements au paiement de leurs obligations fiscales.
Le secrétaire général de la Ligue congolaise de lutte contre la corruption (LICOCO), Ernest Mpararo, a salué l’initiative des régies financières, tout en estimant que des mesures plus fermes devraient être envisagées.
Il rappelle qu’en 2022, les filiales de Glencore, notamment KCC et Mutanda Mining, avaient déjà fait l’objet d’un contentieux fiscal avec la DGI, la DGRAD et la DGDA, qui réclamaient alors plus d’un milliard de dollars américains.
Selon la LICOCO, une commission mise en place à l’époque pour examiner le dossier aurait revu à la baisse les montants réclamés, les ramenant à un peu plus de 700 millions de dollars, dont seulement 200 à 250 millions auraient finalement été versés.
« Aujourd’hui, Glencore répète les mêmes faits. Ce groupe n’aime pas payer ses impôts, et c’est déplorable », a déclaré Ernest Mpararo.
Acteur majeur de l’industrie mondiale des matières premières, Glencore est l’un des principaux producteurs de cuivre et de cobalt en République démocratique du Congo. Selon les statistiques du ministère des Mines, ses filiales ont produit, en 2025, environ 240 800 tonnes de cuivre et 33 500 tonnes de cobalt, faisant du groupe un fournisseur stratégique sur le marché mondial.
La mise sous scellés de KCC et de Mutanda Mining relance le débat sur la transparence des relations fiscales entre l’État congolais et les multinationales minières, ainsi que sur la capacité des institutions publiques à assurer un meilleur recouvrement des recettes fiscales.
La LICOCO plaide notamment pour des mesures conservatoires, telles que le gel des comptes bancaires des entreprises concernées, afin de garantir le paiement des créances de l’État.
Toutefois, certains acteurs de la société civile mettent en garde contre les conséquences économiques d’éventuelles sanctions plus lourdes. Ils estiment qu’un gel des comptes pourrait entraîner un ralentissement, voire un arrêt des activités de production, avec des répercussions sur l’emploi et les recettes publiques.
À ce stade, Glencore n’a pas encore réagi officiellement à ces accusations ni communiqué sa version des faits. L’évolution de ce dossier est suivie de près par les milieux économiques, les autorités et les communautés locales, compte tenu de l’importance stratégique des activités minières dans la province du Lualaba.

