Le président burundais et président en exercice de l’Union africaine, Évariste Ndayishimiye, accueille ce lundi 6 juillet à Bujumbura une série de consultations consacrées à la situation politique en République démocratique du Congo.
Selon plusieurs sources concordantes, les membres du présidium de la coalition d’opposition C64, notamment Martin Fayulu, Delly Sesanga, Dieudonné Bolengetenge, Jean-Marc Kabund et Francklin Tshiamala, doivent être reçus par le chef de l’État burundais.
Des représentants des confessions religieuses, dont des délégués de l’Église catholique et de l’Église du Christ au Congo (ECC), participent également à ces consultations.
À la veille de cette rencontre, l’ancienne sénatrice Francine Muyumba, proche de l’ancien président Joseph Kabila, s’est interrogée sur la légitimité et l’efficacité de cette nouvelle initiative diplomatique.
« Un nouveau “processus du Burundi” semble se dessiner. Plusieurs questions s’imposent. S’agit-il d’une initiative du Burundi, de la RDC ou d’un nouveau processus de l’Union africaine ? À force de multiplier les processus sans résultats tangibles, on donne l’impression d’une distraction diplomatique et d’une perte de temps. La paix en RDC ne naîtra pas d’une succession de médiations, mais d’une volonté politique sincère et d’un dialogue national inclusif, porté par les Congolais eux-mêmes », a-t-elle écrit sur le réseau social X.
De son côté, Marie-Ange Mushobekwa, également proche de Joseph Kabila et membre du Front commun pour le Congo (FCC), a remis en cause la neutralité du Burundi dans ce rôle de médiateur.
« Quelqu’un qui fait partie d’un conflit n’a pas la neutralité requise pour être médiateur ni facilitateur dans ce même conflit. Il est juge et partie, et cela altère sa démarche. Fuite en avant et perte de temps », a-t-elle déclaré.
Selon plusieurs sources burundaises, le président Félix Tshisekedi a mandaté Évariste Ndayishimiye pour engager des consultations avec plusieurs figures de l’opposition congolaise en vue d’un éventuel dialogue politique incluant l’AFC/M23, mais sans la participation de l’ancien président Joseph Kabila.
Pour rappel, la coalition d’opposition C64 a annoncé le report au 22 juillet de la manifestation qu’elle prévoyait initialement d’organiser le 8 juillet devant le Palais de la Nation pour réclamer la démission du président Félix Tshisekedi. Selon plusieurs sources, une mobilisation de l’Église catholique est également envisagée à cette même date.

