Le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé, Tedros Adhanom Ghebreyesus, est arrivé jeudi 28 mai 2026 à Kinshasa pour exprimer la solidarité de l’institution envers les populations touchées par l’épidémie d’Ebola liée à la souche Bundibugyo dans l’Est de la République démocratique du Congo.
À son arrivée dans la capitale congolaise, le chef de l’OMS a affirmé être venu soutenir les efforts des autorités sanitaires congolaises face à la progression de l’épidémie dans les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
« Je suis ici pour renforcer la riposte menée par le gouvernement congolais », a déclaré Tedros Adhanom Ghebreyesus devant la presse.
Le patron de l’OMS a également mis en garde contre les appels à la fermeture des frontières ou à l’imposition de restrictions de voyage, estimant que ce type de mesures n’était pas efficace dans la lutte contre les épidémies.
« La recommandation de l’OMS est qu’interdire les voyages n’est pas conseillé.
Parce que cela n’aide pas beaucoup. Cela pourrait ralentir, peut-être vous donner un répit de quelques jours, mais pas plus », a-t-il expliqué.
Selon lui, la priorité doit être accordée au renforcement des mesures sanitaires dans les zones affectées afin de contenir rapidement la transmission du virus.
« La meilleure approche consiste à intensifier les mesures à la source et à apporter du soutien », a insisté le directeur général de l’OMS.
Tedros Adhanom Ghebreyesus a par ailleurs averti que les restrictions de voyage risquaient de décourager les pays à signaler rapidement les cas détectés sur leur territoire.
« Lorsque les pays signalent leurs cas de manière transparente, si vous leur imposez une interdiction de voyager, cela ne les encourage pas. Les autres pays se diront alors : pourquoi devrais-je signaler les cas rapidement ? », a-t-il déclaré.
Le responsable de l’OMS a souligné qu’un consensus existait parmi les experts en santé publique sur l’inefficacité des interdictions de voyage dans la gestion des épidémies.
« Les experts en santé publique s’accordent à dire que l’interdiction de voyager n’aide pas. Cela s’appuie sur des recherches menées à de multiples reprises », a-t-il affirmé.
Il a enfin estimé qu’il existait d’autres mécanismes permettant de contrôler la propagation de la maladie sans recourir à des fermetures strictes des frontières.
« Il existe des moyens de gérer les frontières et de gérer les cas sans avoir recours à des restrictions strictes ou à des interdictions de voyage », a conclu Tedros Adhanom Ghebreyesus.
Selon les dernières données officielles des autorités congolaises, l’épidémie d’Ebola causée par la souche Bundibugyo continue de progresser dans l’Est de la RDC, où plusieurs centaines de cas suspects et de décès sont déjà recensés.

